Adecco : patrons récidivistes, justice laxiste04/10/20232023Journal/medias/journalnumero/images/2023/10/2879.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Adecco : patrons récidivistes, justice laxiste

Il aura fallu vingt-trois ans et plusieurs non-lieux pour qu’un nouveau procès s’ouvre le 28 septembre contre deux directeurs d’une agence d’intérim Adecco. En 2001, une plainte avait été déposée contre cette agence, située à Paris-Montparnasse, spécialisée dans la restauration et l’hôtellerie.

Un jeune stagiaire en poste en 2000 avait découvert, scandalisé, un classement ethnique et s’était rapproché de SOS-Racisme pour dénoncer ce fichage. Les Européens étaient fichés BBR (bleu, blanc, rouge) ou Gaulois, les Africains, Maghrébins et Asiatiques étaient classés PR4 (prétendument illettrés). Certaines entreprises d’hôtellerie exigeaient de connaître l’origine du salarié pour ne pas le mettre en salle ou au contact des clients. C’est ainsi que nombre d’Africains qui souhaitaient être commis ou serveurs se retrouvaient à la plonge.

Malgré des dizaines de témoignages, malgré les fichiers, les juges avaient déclaré des non-lieux, au prétexte que les personnes discriminées avaient tout de même eu des missions d’intérim… à la plonge. Au bout du compte, il y aura peut-être des condamnations, mais pas pour les principaux responsables. Ce sont deux lampistes qui vont payer, les deux directeurs qui tenaient cette agence et qui ont été pris la main dans le sac, alors que nombre d’autres sont passés au travers. Les patrons d’Adecco et surtout les grands groupes hôteliers ne seront pas inquiétés.

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