Expulsion d’une famille : démagogie d’État30/08/20232023Journal/medias/journalnumero/images/2023/09/2874.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Expulsion d’une famille : démagogie d’État

Le 23 août dernier sur le réseau social X, anciennement Twitter, le préfet du Val-d’Oise plastronnait : « Expulsion de son logement social d’un émeutier ayant participé aux violences urbaines de juin dernier »! Flanqué du hashtag Droit et Devoir et photos à l’appui, son message précisait que la préfecture « a fait procéder à l’expulsion locative de l’ensemble des occupants du logement social où il résidait ».

En réalité, une expulsion ne peut être prononcée que par la justice et en cas de non-respect du bail de location. Et le préfet a dû reconnaître par la suite que la décision d’expulsion était « préexistante et prise pour un autre motif ». Mais en accordant de façon accélérée cette expulsion et en la rendant ainsi publique, le préfet se donne le rôle de justicier et fait une propagande tout à fait dans le ton du gouvernement qui cherche à plaire à l’opinion la plus réactionnaire.

D’ailleurs, Sabrina Agresti-Roubache, nouvelle secrétaire d’État chargée de la Ville, a tranquillement affirmé : « Condamnation égale expulsion d’un logement social, ça ne me gêne pas. » Au lendemain des émeutes Macron lui-même avait affirmé que les familles devraient « être sanctionnées dès la première connerie ».

Ces assauts de démagogie visent à essayer de doubler la droite et l’extrême droite sur leur terrain anti-pauvres et profondément réactionnaire, sans, bien entendu, résoudre aucun des problèmes auxquels sont confrontés au quotidien les habitants des quartiers populaires de plus en plus dégradés.

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