Sri Lanka : les présidents passent, le FMI reste26/07/20232023Journal/medias/journalnumero/images/2023/07/2869.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Sri Lanka : les présidents passent, le FMI reste

Il y a un an, la population sri lankaise contraignait par ses manifestations le président Gotabaya Rajapaksa à quitter le pouvoir. Ranil Wickremesinghe, adoubé par l’armée, lui succédait. Mais si les têtes ont changé à la présidence, les créanciers du Fonds monétaire international (FMI) continuent à étrangler la population, avec l’accord des nouveaux maîtres.

En mars dernier, le Sri Lanka signait avec le FMI un accord pour un prêt de 2,9 milliards de dollars. Sous le précédent régime, l’État s’était déclaré dans l’incapacité de rembourser ce qu’il devait aux créanciers internationaux, soit 4 milliards de dollars en 2022, pour une dette totale de 46 milliards de dollars. Mais le FMI n’a accordé ce nouveau prêt qu’à des conditions draconiennes. Il veut être certain que le président soit cette fois capable de faire payer la population, ce que les banquiers internationaux appellent « stabiliser les dépenses publiques ». Ils exigent la suppression des subventions sur l’eau, l’électricité, le fioul, ainsi que la hausse de la TVA et des impôts sur le revenu. Il faudrait aussi privatiser certaines entreprises publiques. Pour s’assurer que ces mesures seront bien mises en œuvre, le FMI déboursera son prêt en neuf tranches sur quatre ans, avec une clause de revoyure tous les six mois. C’est ainsi qu’un voyou tient le couteau sous la gorge de sa victime.

La situation est encore pire que l’an dernier. 450 000 foyers ont vu leur électricité coupée faute de pouvoir payer. De plus en plus d’enfants ont abandonné l’école, obligés de travailler pour nourrir leur famille. Les hôpitaux renvoient leurs patients, faute de pouvoir leur administrer les traitements dont ils auraient besoin. Les prix ont augmenté de 70 % en 2022.

Comme des vampires, les banquiers sucent le sang des populations de pays pauvres comme le Sri Lanka. Leurs exigences ont bien souvent suscité des révoltes aux quatre coins du monde. Il ne faut pas qu’elles se limitent à changer les locataires du palais présidentiel, comme cela a été le cas au Sri Lanka. Il faut qu’elles débouchent sur le renversement du système d’exploitation qui sévit à l’échelle internationale.

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