ADPA – Grenoble : l’aide à domicile en danger26/07/20232023Journal/medias/journalarticle/images/2023/07/P11-1_ADPA_Grenoble_C_.jpg.420x236_q85_box-0%2C75%2C800%2C525_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

ADPA – Grenoble : l’aide à domicile en danger

L’ADPA (Association d’aide à domicile des personnes âgées et en situation de handicap) grenobloise a été placée en redressement judiciaire début juin.

Illustration - l’aide à domicile en danger

Mercredi 19 juillet, une centaine de manifestants se sont rassemblés devant le conseil départemental à l’appel de l’intersyndicale, pour protester contre la menace de fermeture et les mauvaises conditions de travail. En tout, 526 salariés, dont environ 300 aides à domicile, risquent le chômage et 2 500 bénéficiaires sont menacés de perdre leur aide et leurs soins quotidiens !

Une conférence de presse avait été organisée en juin : les témoignages sur la qualité des interventions des équipes de l’ADPA s’y étaient succédés, une femme racontant notamment combien elles étaient bénéfiques pour sa mère de 101 ans. Elle parlait de « ces employées de l’ombre qu’on ne remarque pas et qui sont peu payées » mais qui sont tout particulièrement « dévouées, patientes, aimantes… », alors que les familles sont peu armées pour prendre en charge leurs parents. « On ne vous remerciera jamais assez », concluait-elle.

Des aides à domicile ont expliqué les difficultés de leur travail, sans cesse confrontées à la dépression, à la détresse de gens seuls, à la misère, alors que les retraites moyennes des personnes prises en charge sont de 780 euros. Sans elles, « qui va venir, qui va rassurer, qui va soigner ? », demandaient-elles.

La direction annonce 4 millions de déficit, et explique les difficultés par la baisse de l’activité du fait du Covid, le sous-financement des pouvoirs publics et les difficultés de recrutement.

Comment s’en étonner ? L’absence de reconnaissance, les salaires minables et les conditions de travail de plus en plus difficiles découragent et révoltent. Les salaires sont au minimum, avec des horaires décousus sept jours sur sept. La plupart des aides à domicile sont à temps partiel, un temps complet étant impossible à tenir physiquement.

Le conseil départemental, financeur à 85 %, refuse le prêt demandé pour redresser l’ADPA, arguant que l’argent versé dans le passé a été mal utilisé. De plus, il doit de l’argent (1,2 million), qu’il ne veut pas verser, et l’Agence régionale de santé, financeur à 15 %, est aux abonnés absents. Quant à l’État, qui prône le maintien à domicile des aînés, il reste muet.

Tous craignent la reprise par un groupe privé du style Korian, qui transformerait cette association en entreprise où les profits seraient la priorité. Le personnel a aussi en tête les 2,9 milliards de subventions récemment versés par l’État à STMicroelectronics, entreprise de l’agglomération grenobloise, pour qui l’argent coule à flots. Quand il s’agit de l’aide aux anciens ou aux handicapés, surtout aux plus pauvres de ces catégories, il n’y a plus personne. C’est ignoble !

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