Eurofins – Woippy : alerte rouge chez les blouses blanches12/07/20232023Journal/medias/journalarticle/images/2023/07/Woippy.png.420x236_q85_box-0%2C58%2C800%2C507_crop_detail.png

Dans les entreprises

Eurofins – Woippy : alerte rouge chez les blouses blanches

Au laboratoire d’analyses alimentaires Eurofins de Woippy en Moselle, une vingtaine de salariés, sur une centaine, ont débrayé le 23 et le 29 juin, paralysant une partie de la production. Ils dénonçaient leurs conditions de travail indignes, les bas salaires et ont exigé de se faire entendre.

Illustration - alerte rouge chez les blouses blanches

Eurofins n’est pas une petite entreprise : il comprend 900 laboratoires dans 61 pays et a réalisé près de 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2022. Le site de Woippy est spécialisé dans l’analyse chimique et microbiologique d’échantillons en provenance de l’industrie agroalimentaire. Il s’agit concrètement de vérifier que ces produits sont propres à la consommation.

On s’attendrait naturellement à ce qu’un tel établissement soit géré avec une certaine rigueur. Il n’en est rien. Les locaux, qui voient passer des milliers d’échantillons alimentaires par jour, sont laissés dans un état d’insalubrité déplorable. Le service d’entretien a été réduit comme peau de chagrin, dans une tentative irresponsable de faire des économies : la propreté du laboratoire est sacrifiée au profit de la rentabilité, si chère aux actionnaires.

Par ailleurs, les pénuries de matériel sont chroniques, empêchant les techniciens de faire leur travail correctement. Cette situation, conjuguée à des cadences infernales et à des salaires minables, a conduit les salariés à se dresser pour exiger des améliorations de leurs conditions de travail.

Un premier débrayage a permis aux travailleurs de discuter de leurs revendications, faisant le tour des laboratoires et suscitant la sympathie de nombreux collègues. Les premières négociations ont révélé tout le mépris de la direction vis-à-vis des revendications des salariés. Mais cela n’a pas découragé les grévistes, ces événements ont même poussé d’autres collègues à se mobiliser à leur tour.

Un second débrayage a été déclenché la semaine suivante, entraînant un plus grand nombre de travailleurs et prenant le directeur par surprise. Les chefs ont été contraints de venir s’expliquer sur le parking face aux grévistes. La direction avait effectué des analyses censées attester de la propreté du laboratoire : elles ont été démenties par des relevés effectués par les grévistes eux-mêmes, démontrant l’état de contamination scandaleux du site et le risque sanitaire encouru par les salariés.

La détermination des grévistes a contraint la direction à négocier. Il reste à voir ce qu’il en sortira.

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