Soulèvements de la terre : une dissolution arbitraire21/06/20232023Journal/medias/journalnumero/images/2023/06/2864.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Soulèvements de la terre : une dissolution arbitraire

Après des semaines de menaces, le gouvernement est passé aux actes en annonçant la dissolution du mouvement écologiste les Soulèvements de la terre (SLT), qu’il accuse d’appeler à des actions violentes.

Mardi 20 juin, le jour où Darmanin annonçait cette dissolution à l’Assemblée, une quinzaine de militants de SLT ont été arrêtés par la police antiterroriste sur l’ancienne ZAD de Notre-Dame des Landes où ils vivent, accusés d’avoir saccagé une cimenterie ­Lafarge près de Marseille en décembre dernier.

SLT est un regroupement d’organisations, parmi lesquelles la Confédération paysanne ou Extinction-­Rébellion. Constitué en 2021 sur la ZAD de Notre-Dame des Landes, il attire et regroupe des militants estimant que l’urgence écologiste nécessite de passer à des actions radicales, y compris des sabotages, contre les projets qu’ils estiment nuisibles pour l’environnement ou la planète. SLT faisait partie des organisateurs de la manifestation du 25 mars contre la méga-bassine de Sainte-Soline, violemment réprimée par la police. Il a encore appelé le 17 juin à manifester contre la ligne ferroviaire à grande vitesse Lyon-Turin, manifestation interdite par le préfet de Savoie et qui a donné lieu à des affrontements.

Les premières menaces de dissolution lancées par Macron et Darmanin en mars dernier, après la manifestation de Sainte-­Soline, ont contribué à populariser SLT. Ainsi plus de 80 000 personnes, dont des personnalités comme Cyril Dion, Annie Ernaux ou Adèle ­Haenel, ont signé une pétition affirmant : « Nous sommes les Soulèvements de la terre. » Et l’annonce de cette dissolution arbitraire a provoqué, bien logiquement, de nombreuses réactions d’indignation contre des ministres qui traitent des militants écologistes ou politiques comme des criminels.

Macron et Darmanin jouent les hommes d’ordre et font les fiers-à-bras en dissolvant une organisation d’écologistes radicaux. Ils envoient leur police antiterroriste arrêter et placer en garde à vue quinze personnes accusées d’une action contre le groupe Lafarge. Mais ils n’avaient rien à redire quand ce même groupe Lafarge versait des millions d’euros aux terroristes de Daesh pour continuer à faire fonctionner leur usine en ­Syrie. Pire, les services secrets français ont été complices de cette opération.

Pour défendre les intérêts de leurs capitalistes partout sur la planète, les dirigeants politiques sont prêts à user du terrorisme d’État. Quand, à tort ou à raison, des militants inquiets et révoltés par les menaces environnementales ne voient pas d’autre solution pour agir que cette forme de sabotage et d’affrontement direct avec la police, ce sont eux que ces politiciens accusent de terrorisme. Au fond, une telle politique ne peut qu’alimenter la révolte et l’engagement d’un nombre croissant de femmes et d’hommes prêts à combattre ce système. C’est la réaction qu’il faut espérer, en faisant tout pour que ces révoltés se tournent vers les idées communistes révolutionnaires.

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