Ouganda : terreur et misère21/06/20232023Journal/medias/journalnumero/images/2023/06/2864.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Ouganda : terreur et misère

41 personnes, dont 37 étudiants, ont été assassinées, parfois brûlées vives, dans la nuit du 16 au 17 juin par le groupe djihadiste ougandais ADF (Forces démocratiques alliées), lié à l’État islamique.

Ce groupe est une des nombreuses bandes armées qui écument la plus grande partie de l’Afrique centrale. Les organisations internationales en recensent 130.

L’ADF existe depuis 1995. Il s’était alors constitué par la fusion de plusieurs mouvements d’opposition armée au président ougandais ­Yoweri Museweni, auxquels se sont amalgamés des soldats des Forces armées zaïroises reconvertis dans tous les trafics, ainsi que d’anciens membres de l’armée des génocidaires hutus ayant fui au Congo. Opérant principalement à la frontière de la République démocratique du Congo et de l’Ouganda, l’ADF sème la terreur parmi les populations des deux pays.

En février 2022, l’attaque par le groupe du village congolais de Kikura avait fait 20 morts. À la mi-mars suivante, une trentaine de personnes avaient été assassinées dans le Nord-Kivu. 52 personnes avaient été tuées dans six villages. Les armées congolaise et ougandaise ont mené des actions conjointes contre le groupe, jusqu’à ce que les Congolais partent affronter une autre bande du même acabit, le M23. Mais, de toute façon, les troupes régulières n’ont jamais été une protection pour les villageois. Quand ils ne sont pas une menace pour eux, les soldats ougandais ou congolais les abandonnent à leur sort pour s’occuper de leurs petites affaires.

La contrebande de café, de bois et d’or est la principale source de financement des ADF, et les officiers des armées officielles en sont un des maillons, au même titre que les tueurs des bandes armées. On estime que 90 % de l’or extrait en RDC est exporté vers les pays voisins, Ouganda et Rwanda, pour y être raffiné et partir dans les pays du golfe Persique. C’est à ce genre d’opérations que se consacrent les dirigeants ougandais, chapeautés par le dictateur Yoweri ­Museweni, qui en est à son sixième mandat. Ils collaborent aussi avec Total pour obliger les paysans à quitter leurs terres sur lesquelles la multinationale pétrolière veut faire passer son gazoduc géant.

Une population vivant dans la terreur et la misère : tel est l’aboutissement de 70 ans de colonialisme britannique, suivis de 60 ans d’indépendance sous la botte de l’impérialisme.

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