Angoulême : justice pour Alhoussein !21/06/20232023Journal/medias/journalnumero/images/2023/06/2864.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Angoulême : justice pour Alhoussein !

À Saint-Yrieix-sur-Charente, mercredi 14 juin à 4 heures du matin, Alhoussein Camara, un jeune Guinéen de 19 ans, a été tué par la police lors d’un contrôle.

Les circonstances exactes de la mort sont floues, d’autant qu’aucun témoin, à part les policiers, n’était présent. Alhoussein Camara n’était ni un délinquant ni un terroriste, mais un jeune qui se rendait sur son lieu de travail, une plateforme logistique de la banlieue d’Angoulême.

Cette mort a révolté nombre de jeunes de l’agglomération, qui ont commencé à manifester spontanément jeudi 15 et vendredi 16 juin. On pouvait lire sur les pancartes « Justice pour notre frère », « Aujourd’hui Alhoussein, donc demain c’est moi ». Un rond-point du centre-ville a été bloqué, ce qui a été l’occasion de constater les moyens policiers mis en place avec casques, gilets pare-balles et LBD, et la BAC de Bordeaux était venue en renfort. Deux manifestants ont été arrêtés et gardés à vue.

L’ambassadeur de ­Guinée est venu de Paris pour une marche blanche le samedi matin, appelant le millier de participants au calme et à attendre une décision de la justice. La mairie a organisé des réunions dans une cité d’Angoulême en parallèle des manifestations. Ces diversions n’ont pas fonctionné, les habitants des quartiers connaissant bien la police, et sachant qu’ils pourraient être parmi les prochaines victimes. On pouvait alors voir ou entendre des slogans comme « Police assassins », et des pancartes « Pas de justice, pas de paix » et « Qui nous protège de la police ? » Les CRS ont empêché un cortège de se rendre sur le lieu de la mort ­d’Alhoussein et ont utilisé des lacrymogènes et des tirs de LBD pour disperser un rassemblement de 200 personnes, blessant deux d’entre elles.

Les efforts de la municipalité et de l’ambassadeur visent à contenir la colère et à isoler les quartiers. Mais la famille ­d’Alhoussein compte obtenir justice, et elle a raison. Pour cela il faudra maintenir la mobilisation, non seulement de la communauté guinéenne, mais de tous ceux qui sont révoltés par ce crime de la police, qui s’inscrit dans l’atmosphère anti-migrants entretenue par le gouvernement et les démagogues de tout bord.

Partager