Macron à Rungis : fariboles en gros, demi-gros et au détail22/02/20232023Journal/medias/journalnumero/images/2023/02/2847.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Macron à Rungis : fariboles en gros, demi-gros et au détail

Voulant rencontrer la France qui se lève tôt, Macron a prudemment évité l’embauche du matin à Renault Flins ou à PSA Poissy, les dépôts de la RATP et de la SNCF, les bureaux et les administrations aux petites heures du ménage ou le changement d’équipe du personnel soignant des hôpitaux. Il a débarqué au marché de gros, à Rungis.

Il y a bien sûr des milliers de travailleurs à Rungis, et certains ont d’ailleurs tenté d’interpeller le président, de lui expliquer par exemple qu’ils ne pourraient pas aller jusqu’à 64 ans. Ce n’est pas sur ces travailleurs, mais sur leurs employeurs, les mandataires, grossistes et acheteurs des grandes sociétés, que Macron comptait pour servir d’écrin à ses petites phrases.

C’est donc face à un chœur de petits patrons matinaux et devant une tête de veau fraîchement découpée que le président a affirmé qu’il fallait travailler plus longtemps pour financer les écoles et les hôpitaux. Aucun bien sûr n’a eu le mauvais goût de lui rappeler les cent milliards d’euros trouvés sans difficulté, il y a trois semaines à peine, pour augmenter le budget des armées, ni les centaines de milliards offerts chaque année pour soutenir les profits des grandes entreprises. Poursuivant sa visite, Macron a évoqué le système de retraite par répartition, ce « trésor qu’il faut conserver », oubliant qu’il voulait lui-même l’abolir, il y a deux ans. Il a eu enfin cette phrase, longuement polie sans doute par les services compétents : « Le système de retraite est le patrimoine de ceux qui n’en ont pas. » C’est une phrase que les ­bateleurs de la politique appliquent également à l’école publique, au système de ­santé, à la République, etc., en cachant toujours que tout patrimoine bourgeois vient du travail de ceux qui n’ont rien.

Macron pourra ressortir des fariboles du même tonneau en fin de semaine, en inaugurant le Salon de l’agriculture, où, au moins, les veaux sont vivants.

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