French Tech : l’État couve de vilains canards22/02/20232023Journal/medias/journalnumero/images/2023/02/2847.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

French Tech : l’État couve de vilains canards

Lundi 20 février, Emmanuel Macron a convié à l’Élysée les entreprises dites de la French Tech pour annoncer que la pluie d’argent allait continuer. En dix ans, les subventions publiques aux start-up sont passées de un à plus de treize milliards d’euros. Il s’agirait de favoriser l’innovation et la haute technologie, d’aider les inventeurs à réaliser leurs idées en France.

L’ambition, ou plutôt le triste conformisme, de cette couveuse étatique de talents privés est caractéristique. Il n’est pas question de soulager les innombrables misères humaines, de prévenir des catastrophes, ni même de travailler, comme le disait naguère un mathématicien, « pour ­l’honneur de l’esprit humain ». Non, il s’agit de gagner de l’argent, le plus et le plus vite possible. Le rêve, encouragé par les Macron et consorts, de toute start-up est de devenir Microsoft, Amazon ou Google, groupes réputés avoir commencé dans un garage avant de devenir des sociétés géantes, faisant de leurs patrons les hommes les plus riches du monde.

Mais il y a loin de la coupe aux lèvres. En fait, les start-up les plus prometteuses, du seul point de vue financier évidemment, sont rapidement rachetées par les fonds de placement ou les industriels du secteur. Des petites sociétés innovantes en biologie ont ainsi été reprises par les grands laboratoires qui ont pu lancer la fabrication industrielle du vaccin contre le ­Covid. Les chercheurs ont certes fait fortune, mais les actionnaires de Big Pharma ont ramassé le pactole. Et, surtout, la plus grande partie de l’humanité, celle qui ne peut pas payer, a dû se débrouiller sans vaccin.

Il existe encore certai­ne­­ment des innovateurs qui, comme Pierre et ­Marie ­Curie en leur temps, refu­sent de faire breveter leur découverte afin que ­chacun puisse librement l’utiliser. Ceux-là, Macron ne les reçoit pas à l’Élysée.

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