Benteler – Migennes : en grève contre la fermeture02/12/20212021Journal/medias/journalnumero/images/2021/12/2783.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Benteler – Migennes : en grève contre la fermeture

Jeudi 18 novembre, lorsque la fermeture de l’usine Benteler, à Migennes dans l’Yonne, a été annoncée aux délégués syndicaux en réunion avec la direction, l’un d’entre eux a déclenché l’alarme incendie de l’usine, pour que tout le monde se rassemble. La grève contre la fermeture a commencé immédiatement.

Ce groupe allemand qui travaille pour l’automobile avait déjà annoncé il y a six mois sa volonté de vendre l’établissement. Dans le piquet de grève organisé devant l’usine, les travailleurs se sont relayés par équipe, jour et nuit, pour s’opposer à la fermeture du site et réclamer des primes conséquentes en cas de licenciement. Certains espéraient obtenir un arrêt de ligne dans les usines de montage de PSA à Sochaux, principal client du site. Mais les caristes de l’usine disent avoir reçu depuis plusieurs mois l’ordre de faire des stocks, une consigne de la direction qui prévoyait certainement la grève.

La colère des travailleurs est partagée par l’ensemble des habitants de Migennes. Dans la ville d’un peu plus de 7 000 habitants, cette usine d’environ 400 personnes est le plus gros employeur. Au-delà du dégoût d’avoir été abreuvés de mensonges pendant des mois par la direction, qui savait bien qu’elle projetait de fermer l’usine, tous les travailleurs et leurs proches sont inquiets de l’avenir de la ville, où le chômage va fatalement augmenter. C’est donc aussi un coup porté à tous les commerçants et habitants de Migennes. Une manifestation de colère contre la fermeture a été organisée mardi 23 novembre, à laquelle tous les ouvriers de l’usine ont participé, renforcés par de nombreux habitants.

Face à la grève, la direction et l’encadrement se sont cachés dans leurs bureaux, et pour cause : la colère des ouvriers se fait clairement entendre quand ils ont la mauvaise idée de pointer leur nez.

Vendredi 26 novembre, les délégués syndicaux, majoritairement FO, CFTC et CGT, ont signé un accord de fin de grève, la direction ayant cédé une augmentation de salaire de 500 euros, le paiement complet des jours de grève et une prime mensuelle de 1 000 euros pour décembre et janvier. Mais tous savent que rien n’est réglé !

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