Erasmus mis au placard06/01/20212021Journal/medias/journalnumero/images/2021/01/2736.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Erasmus mis au placard

Le Brexit n’a pas seulement été une rupture économique entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, mais il a aussi mis fin au programme Erasmus, estimé « extrêmement cher » pour le pays par Boris Johnson. Cela ferme l’accès aux universités britanniques à nombre d’étudiants qui n’auront pas les moyens de payer leur année d’études.

Créé en 1987, le programme Erasmus permet aux étudiants de poursuivre leur cursus dans une université de tout pays européen signataire d’un accord d’échange. Ils reçoivent une bourse allant de 180 à 800 euros mensuels, et les frais d’inscription à une université étrangère sont pris en charge sur la base des tarifs du pays d’origine, soit environ 180 euros pour la France. En 2014, Erasmus a été élargi, intégrant d’autres programmes de plusieurs pays, qui offraient à des jeunes la possibilité de faire un stage à l’étranger, ou de pratiquer un échange entre enseignants.

Depuis 1987, grâce à Erasmus, plus de 4 millions d’étudiants ont pu bénéficier d’une ouverture sans pareille sur une trentaine de pays européens, au travers des savoirs acquis, de la connaissance de différentes civilisations ou des relations souvent durables qu’ils se sont faites, allant jusqu’à la formation d’un couple pour un quart d’entre eux . Ainsi, on compterait actuellement un million de bébés-Erasmus ! Pour les Français, la proximité de l’Angleterre, les liaisons rapides avec le pays ainsi que la qualité de ses universités, avaient été des atouts dans le choix du pays.

L’abandon d’Erasmus par le Royaume-Uni ferme la porte à la plupart des étudiants, par manque de moyens financiers. Dorénavant, s’ils veulent étudier dans ce pays, ils ne percevront plus de bourse, or la vie y est très chère, en particulier pour se loger. Il leur faudra aussi adhérer, à hauteur de 500 euros par an, à un système de santé, et s’ils y résident plus de six mois, ils auront à payer 390 euros pour l’obtention d’un visa devenu obligatoire. À cela s’ajouteront les frais d’inscription à une université, pouvant se monter à 10 000 euros ou plus dans les grandes universités anglaises. Dans ces conditions, étudier en Grande-Bretagne sans aucune bourse couvrant une partie des frais deviendra un luxe réservé aux plus riches.

La construction de l’Union européenne a répondu presque exclusivement à des objectifs économiques des différents États, qui y voyaient leur intérêt. Le rapprochement des peuples évoqué dans les discours des dirigeants n’ a eu une certaine réalité que grâce à l’ouverture des frontières, à la libre circulation et, pour les jeunes, à des programmes d’échanges comme celui d’Erasmus. L’abandon de ce programme par le gouvernement de Boris Johnson ajoute encore au Brexit une touche de nationalisme et une dose d’isolement entre les peuples.

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