Samoa : la rougeole et la non-vaccination tuent26/12/20192019Journal/medias/journalnumero/images/2019/12/LO2682.jpg.445x577_q85_box-0%2C33%2C668%2C899_crop_detail.jpg

Dans le monde

Samoa : la rougeole et la non-vaccination tuent

Aux îles Samoa, un archipel de l’océan Pacifique peuplé de 200 000 habitants, la rougeole a fait 76 victimes en quelques semaines.

Ce sont presque toutes de très jeunes enfants âgés de 4 ans ou moins. À l’été 2017, une rumeur accusant le vaccin d’être responsable du décès d’un bébé s’est propagée, et cette fausse nouvelle a fait chuter le taux de vaccination de 58 % en 2017 à seulement 31 % en 2018. Il a dès lors suffi que des porteurs du virus surviennent pour qu’il se répande et se multiplie à toute vitesse dans des organismes non protégés, entraînant des décès et aussi des séquelles chez les survivants. Depuis le mois de novembre, une campagne de vaccination de masse aidée par quelques pays riches est en œuvre. Mais il faut du temps avant qu’elle coupe la route au virus.

Le virus de la rougeole est particulièrement contagieux . C’est au point que l’Organisation mondiale de la santé, l’OMS, préconise un taux de vaccination à 95 % pour protéger avec certitude les populations. Pour ce faire, on dispose depuis cinquante ans d’un vaccin sûr et efficace. Cependant la maladie frappe encore. En 2018, elle a touché près de 10 millions de personnes de par le monde et tué 142 000 d’entre elles. Selon l’OMS l’année 2019 aura été encore pire.

La République démocratique du Congo (RDC), le Liberia, Madagascar, la Somalie et l’Ukraine concentrent à eux seuls près de la moitié des cas, car ces pays sont pauvres, sous-équipés sur le plan sanitaire et médical. Et, dans une société où on produit uniquement pour vendre, il ne suffit pas qu’un traitement efficace existe pour que ceux qui en ont besoin puissent l’obtenir.

La rougeole fait aussi encore des victimes dans les pays les plus riches. Aux États-Unis, où elle était en voie d’éradication, le nombre de cas est aujourd’hui supérieur à ce qu’il était il y a vingt-cinq ans. Il augmente aussi dans les pays européens, y compris dans ceux, comme la Grande-Bretagne et la Grèce, où la rougeole avait été éradiquée. La méfiance justifiée envers l’industrie pharmaceutique et son avidité de profits a en effet suscité une méfiance injustifiée contre les médicaments, complaisamment reprise par les courants antivaccins.

Les 76 décès survenus dans les îles Samoa sont là pour montrer à quel point les discours antivaccins sont irresponsables et même criminels. Car la vaccination n’est pas une affaire de choix individuel, mais bel et bien une affaire collective, qui concerne les populations tout entières pour faire barrage aux virus et autres agents infectieux.

« Le fait que des enfants meurent d’une maladie évitable par la vaccination comme la rougeole est franchement une honte et un échec collectif » s’est ému le directeur général de l’OMS. C’est surtout une condamnation de cette société capitaliste, uniquement gouvernée par la rentabilité financière, au point que les meilleures inventions du génie humain pour lutter contre la maladie ne sont pas appliquées.

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