Pompiers : face aux dangers de l’amiante31/10/20182018Journal/medias/journalnumero/images/2018/11/2622.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Pompiers : face aux dangers de l’amiante

Des pompiers du Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) du Nord, le plus important contingent de pompiers civils de France, ont déposé jeudi 25 octobre au tribunal d’instance de Lille une plainte contre X pour mise en danger de la vie d’autrui.

Le SDIS compte 2 000 pompiers professionnels, 3 000 volontaires et 400 administratifs. Depuis des années, la CGT y mène un combat pour exiger une attestation d’exposition à l’amiante qui permettrait aux pompiers d’obtenir un suivi post-professionnel. Chaque année, certains meurent, atteints de cancers liés vraisemblablement à la toxicité des fumées. Quand un immeuble prend feu, si la structure ou les plafonds contiennent de l’amiante, les fibres volent et retombent sur les secouristes. Bien sûr, ces derniers portent des masques et une tenue de sécurité mais, une fois les masques retirés, l’exposition à l’amiante demeure, les fibres microscopiques s’accrochent aux tenues.

Dans les casernes, il n’existe pratiquement pas de laveries et les pompiers ramènent leurs tenues souillées à la maison, avec le risque de contaminer leur famille. Les autorités rétorquent que le matériel de décontamination est prévu, puisqu’on donne aux pompiers des lingettes pour frotter les tenues. Mais les pompiers font valoir qu’en Belgique, juste à côté, leurs collègues disposent de camions de décontamination dans lesquels ils se déshabillent et laissent leurs tenues.

Bien sûr, il est difficile de savoir si les pompiers qui décèdent de maladies ont été victimes de l’amiante, puisque la hiérarchie s’abrite derrière le secret médical et refuse d’informer. Mais une étude, menée aux États-Unis par des chercheurs sur un total de 30 000 pompiers entre 1950 et 2009, a mis en évidence que « l’incidence des mésothéliomes (les cancers de la plèvre dus à une exposition à l’amiante) est deux fois plus fréquente chez les pompiers que dans la population américaine ».

Une telle étude n’a pas été menée en France, mais les pompiers du Nord, en rendant public ce scandale, exigent un véritable suivi médical et la fin de cette exposition dangereuse. Comme le faisait remarquer l’un d’entre eux à la porte du tribunal : « La devise des pompiers c’est courage et dévouement, c’est pas empoisonnement. »

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