Mayotte : L’héritage du colonialisme21/03/20182018Journal/medias/journalnumero/images/2018/03/2590.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Mayotte : L’héritage du colonialisme

Avec la Grande-Comore, Mohéli et Anjouan, Mayotte est une des quatre îles de l’archipel des Comores, qui était une colonie française.

Mayotte, occupée par la France dès 1843, servit de base à la conquête de Madagascar. Les autres îles de l’archipel furent annexées entre 1886 et 1896. Les Comores devinrent un territoire français d’outre-mer en 1947, jusqu’à ce que, aux élections de 1972, les partisans de l’indépendance obtiennent la majorité. Seule Mayotte vota alors pour le maintien dans le giron de la France. En effet dans cette île, résidait la mince couche politique locale qui avait servi d’appui au colonisateur et en avait tiré quelques privilèges, au détriment de la population des autres îles.

Au cours des dernières décennies, les notables de l’île ont continué à jouer ce rôle. Sous l’aile de l’État français, ils ont amélioré leur plan de carrière, faisant passer l’île du statut de territoire à celui de département, sans se préoccuper plus que cela du développement de Mayotte et des besoins de ses habitants.

Quelques infrastructures ont été développées, largement insuffisantes mais qui restent supérieures en nombre et en qualité à ce qui existe dans les îles voisines. Un chiffre peut en donner la mesure : le produit intérieur brut (PIB) par habitant est treize fois plus élevé à Mayotte qu’aux Comores.

Aux Comores, la misère règne, un héritage colonial que le pouvoir politique, corrompu et honni, perpétue. C’est cette misère que tentent de fuir en particulier les habitants d’Anjouan, l’île la plus proche de Mayotte, mais aussi des Malgaches ou des Africains qui cherchent à la rejoindre.

Dans son environnement, Mayotte peut apparaître comme un eldorado. Son pouvoir d’attraction s’est renforcé après qu’elle est devenue département français en 2011. La population mahoraise a pu alors ainsi espérer atteindre un niveau de vie un peu supérieur, comparable à celui de La Réunion voisine. Mais les gouvernements français successifs continuent, eux, à ne voir dans cette île qu’une base de surveillance au bord d’une des voies maritimes les plus importantes du monde pour le transport de produits pétroliers.

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