Privatisation des aéroports : bagarres autour du jackpot12/07/20162016Journal/medias/journalnumero/images/2016/07/2502.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Privatisation des aéroports : bagarres autour du jackpot

Le gouvernement se débarrasse de ses participations dans les aéroports de province. Il a privatisé celui de Toulouse l’an dernier. Cet été, c’est au tour des aéroports de Nice, troisième plateforme aéroportuaire française après Roissy et Orly, et de Lyon.

En vendant les 60 % de capital qu’il détient dans les sociétés gérant ces deux aéroports, le gouvernement compte recueillir deux milliards d’euros. Mais le principal bénéficiaire de l’opération, c’est le monde de la finance. Un coup double pour le patronat. D’abord parce que, cet argent, le gouvernement en a besoin pour continuer à arroser les entreprises et leurs propriétaires. Ensuite, parce qu’avec ces privatisations, sous couvert de réduire la dette de l’État, le gouvernement offre une bonne affaire à de grands groupes financiers.

En effet, à ses différents niveaux d’intervention, l’État a favorisé et financé le développement du secteur aérien, construit des aéroports, mis sur pied les transports en commun et les routes qui les desservent. Ce sont donc des affaires, qui rapportent sans qu’il soit besoin d’y investir, que le gouvernement sert sur un plateau aux financiers, même s’il prétend que ces privatisations favoriseront l’investissement. De plus, le transport aérien est en pleine croissance, et les profits qu’il génère aussi.

Alors, évidemment, ces privatisations attirent les convoitises. Parmi ceux qui ont fait acte de candidature pour ces rachats, on trouve de grands groupes internationaux à l’affût de ce qui peut rapporter vite et gros. Il ne faut donc pas s’étonner que la petite principauté, mais grand paradis fiscal, monégasque soit sur les rangs pour Nice, comme Vinci aéroports associé à la Caisse des dépôts et un assureur du groupe Crédit agricole, le géant de l’assurance Allianz, des fonds d’investissement français, italien, turc, australien, etc. Même chose autour du gâteau lyonnais.

Avant que l’État ne fasse connaître son choix, fin juillet, des élus locaux ont à nouveau poussé des cocoricos outrés à l’idée que ces aéroports puissent filer dans l’escarcelle de groupes étrangers. Et d’agiter l’exemple toulousain, où le repreneur chinois aurait eu pour seule ambition de vider la caisse. Comme si les financiers français avaient d’autres manières et un autre but que faire du profit au plus vite.

L’indignation cocardière de ces politiciens masque mal leur peur de voir la manne aéroportuaire échapper à leur contrôle, et du coup à certains intérêts financiers de leur région sur lesquels ils s’appuient et qu’ils appuient. Il s’agit notamment des chambres de commerce et d’industrie locales auxquelles l’État avait pour habitude de céder la gestion des aéroports régionaux et tout ce qu’elle pouvait rapporter.

Les avions volent, les profits s’envolent, le secteur fait des profits record, d’après l’IATA, l’association patronale internationale du transport aérien. Le patronat du secteur va bien, car il continue de pressurer ses salariés, tout en pompant l’argent public ou en mettant la main sur des aéroports. Il ne serait que temps de faire atterrir tout ce petit monde de vautours.

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