CEIP de Rosières : la mobilisation continue15/06/20162016Journal/medias/journalarticle/images/2016/06/p14_manif_CEIP_29_mars_16_C_LO.jpg.420x236_q85_box-0%2C75%2C800%2C525_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

CEIP de Rosières : la mobilisation continue

Le conseil départemental de l’Aube continue de vouloir réduire de presque un million d’euros le budget du Centre éducatif et d’insertion professionnelle de la sauvegarde de l’enfance à Rosières, près de Troyes, dans l’Aube, prétextant que c’est à l’Éducation nationale et à la région de payer pour ce qui concerne la formation scolaire et les activités d’insertion des jeunes accueillis. Cela risquait d’entraîner la perte de 18 postes d’encadrants.

Illustration - la mobilisation continue

Les salariés ne se sont pas laissé faire sans réagir. L’employeur, pour maintenir quand même ces emplois, a négocié avec le conseil départemental un montage consistant à facturer plus cher et à prendre plus de jeunes de départements limitrophes, en particulier de l’Yonne où il n’y a pas de centre de ce genre. Ce tour de passe-passe permet certes de conserver les postes, mais sans aucune garantie pour l’avenir, car rien n’assure que les autres départements accepteront longtemps de payer davantage. Les salariés soulignent aussi la dégradation de leurs conditions de travail, car on va leur demander de prendre en charge plus d’enfants, alors que la structure est déjà sous dotée en personnel d’encadrement.

Le 7 juin, les travailleurs sont donc retournés voir le président du conseil départemental. Ce jour-là, les 25 manifestants lui ont exprimé leur indignation directement. Mais la ­pseudo-discussion a vite tourné au dialogue de sourds où chacun a campé sur ses positions. Face à un politicien qui n’a que les impératifs budgétaires à la bouche, beaucoup ont rappelé fermement les besoins des jeunes et des structures non lucratives créées pour les aider. Mais, pour lui, « ces jeunes mentent sur leur âge, et l’Aube ne peut pas accueillir toute la misère du monde ». Des propos choquants, témoignant de son mépris des pauvres et de son agacement face aux problèmes des personnes en difficulté, qu’il ne comprend que par leur coût toujours trop élevé à son goût.

Alors que le président du conseil départemental ne cessait de se réfugier derrière la baisse des dotations décidée par le gouvernement en place pour justifier ses coupes dans les budgets sociaux, il lui a été rappelé que le premier gel de dotation avait été décidé en 2010 par son ami politique François Baroin, maire de Troyes, alors ministre du Budget.

Les travailleurs sociaux sont bien décidés à continuer à faire entendre leur mécontentement, et à l’élargir à d’autres structures sociales elles-mêmes en difficulté du fait de restrictions budgétaires inacceptables, alors que les besoins sociaux augmentent partout suite à la crise.

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