Cooperl – Lamballe : succès de la grève16/03/20162016Journal/medias/journalarticle/images/2016/03/p14_Cooperl_Lamballe_manif_C_LO.JPG.420x236_q85_box-0%2C230%2C2448%2C1606_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Cooperl – Lamballe : succès de la grève

Vendredi 11 mars, les travailleurs de la Cooperl de Lamballe ont mis fin à leur grève entamée le 25 février. Ils ont contraint la direction du groupe à revenir partiellement sur son plan, qui prévoyait la diminution de la prime d’ancienneté et du treizième mois, soit une perte annuelle de 500 à 600 euros ainsi que le gel des salaires pour 2016.

Illustration - succès de la grève

L’assemblée générale du personnel s’est prononcée pour la reprise le 14 mars, après que la direction a annoncé qu’elle abandonnait le nouveau calcul de la prime d’ancienneté. Pour le treizième mois, le versement de juin sera fait intégralement, mais le patron veut toujours le revoir à la baisse et propose aux syndicats de discuter prochainement d’un nouveau calcul des taux horaires incluant certaines primes.

Il s’est également engagé à améliorer rapidement les conditions de travail. Il y a urgence : l’augmentation continuelle des cadences a entraîné une multitude de tendinites et autres maladies musculo-squelettiques. De 650 porcs abattus par heure, on est passé en quelques années à 700, voire 750 quand il y a des pics de production.

Enfin, les pertes financières des jours de grève seront étalées sur six mois.

Le bilan de la grève est loin d’être négligeable. Si les travailleurs n’ont pas obtenu l’intégralité de leurs revendications, ils ont fait reculer la direction. C’est une première dans l’histoire du groupe. La dernière grève sur les salaires de 2008 s’était soldée par un échec. Les travailleurs avaient repris le travail sans rien. Cette fois, les choses sont différentes.

Plus de deux semaines de grève et d’actions ont donné aux travailleurs conscience de leur force. Bien que la direction ait sans cesse minimisé l’impact de la grève, l’abattoir de Lamballe a tourné au ralenti. Bien qu’elle ait fait appel à des intérimaires, multiplié les pressions diverses, tenté de jouer le pourrissement du mouvement, les grévistes ont toujours tenu bon. Ils ont obtenu la solidarité des travailleurs et de la population des environs. D’autres usines du groupe ont participé également au mouvement. Quelques éleveurs de porcs leur ont également apporté leur soutien.

Évidemment, rien n’est complètement réglé, mais rien ne sera plus comme avant. Les travailleurs ont repris le travail lundi 14 mars, fiers d’avoir relevé la tête et d’avoir fait mettre un genou à terre à leur patron. C’est un gage pour l’avenir, et ils n’hésiteront pas à débrayer de nouveau s’il ne respecte pas ses engagements.

À la reprise du travail, les petits chefs se sont montrés particulièrement compréhensifs. C’est aussi un autre petit signe que les choses peuvent changer.

Partager