Travaux dangereux : la protection des apprentis mineurs sacrifiée18/02/20152015Journal/medias/journalnumero/images/2015/02/2429.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Travaux dangereux : la protection des apprentis mineurs sacrifiée

Le ministre du Travail, François Rebsamen, a annoncé le 5 février qu’il comptait faciliter l’emploi d’apprentis mineurs à des travaux dangereux. Des décrets pourraient entrer en vigueur début mai.

Cette attaque contre la protection des jeunes travailleurs répond à une demande insistante du patronat et la Fédération française du bâtiment, le syndicat patronal de ce secteur qui emploie beaucoup d’apprentis, s’est immédiatement félicitée de cette mesure. « Miracle, les apprentis pourront à nouveau monter sur des escabeaux », s’est réjoui Le Figaro.

Le travail sur un escabeau ou une échelle est en effet interdit pour les mineurs, ainsi que le travail en hauteur sans protection collective (garde-corps, nacelle, filet...). Il serait désormais autorisé, avec les mêmes règles que pour les travailleurs adultes. Un second décret faciliterait le travail des mineurs sur des machines dangereuses. L’obligation de demander une autorisation à l’Inspection du travail pour chaque apprenti mineur que l’employeur souhaite affecter sur des tâches dangereuses serait supprimée, il suffirait de déclarer les travaux effectués par les apprentis.

Cette réglementation n’est qu’une petite limite à l’exposition des jeunes apprentis aux risques. Les dérogations demandées par les patrons sont le plus souvent accordées. Mais sa suppression sera un véritable recul. Les travaux en hauteur sont une cause très fréquente d’accidents. Dans la construction, une chute se produit toutes les cinq minutes, 29 ont été mortelles en 2012. Les accidents sont aussi très fréquents sur les machines dangereuses telles que des scies circulaires à bois, des scies à métaux, des machines-outils. On peut facilement y laisser des doigts, comme c’est le cas de nombreux menuisiers. Les apprentis mineurs sont d’ailleurs, malgré cette réglementation, plus souvent victimes d’accidents du travail que les adultes.

Le ministre justifie ces mesures par la nécessité de faciliter l’embauche de jeunes en apprentissage, mais il répond surtout, comme d’habitude, à une demande du patronat.

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