Routiers : il faut un salaire minimum européen18/02/20152015Journal/medias/journalnumero/images/2015/02/2429.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Routiers : il faut un salaire minimum européen

Un amendement à la loi Macron prévoit d’imposer aux entreprises de transport routier étrangères un alignement du salaire minimum sur le smic français lorsque leurs camions circulent sur le territoire français.

Cette obligation, qui serait mise en place à partir de décembre 2015, a été surtout réclamée par le patronat du secteur, comme protection contre le dumping de ses concurrents.

La législation européenne oblige déjà un employeur à respecter les règles de rémunération et de travail du pays d’accueil. Mais, en pratique, la technique dite du cabotage permet à un transporteur étranger de s’y soustraire, s’il fait charger et décharger ses camions au maximum trois fois dans un pays étranger, et si c’est dans un délai de moins de sept jours. D’ailleurs, pour profiter de ce système et des bas salaires des chauffeurs routiers des pays les plus pauvres d’Europe, de nombreux transporteurs français ont développé des filiales en Roumanie et en Pologne.

Mais, dans la guerre économique pour les parts de marché international, les grands groupes veulent aussi protéger leur propre marché national contre la concurrence extérieure. Le patronat français a réclamé et obtenu que le smic s’applique à tous les chauffeurs transitant en France. Le patronat allemand avait d’ailleurs pris les devants. Le 1er janvier dernier, en mettant en place le salaire minimum dans le transport comme dans d’autres branches, il a aussi imposé qu’il s’applique à tous les chauffeurs transitant sur son territoire.

Quant à savoir si cette mesure permettra aux chauffeurs routiers embauchés en France de se défendre contre les pressions à la baisse sur leur salaire, on peut en douter. Elle ne rendra pas le patronat du secteur moins rapace, le récent conflit des routiers l’a bien montré. Quant aux chauffeurs polonais ou roumains, il y a peu de chances que tout cela leur profite, ne serait-ce qu’à cause des difficultés à faire appliquer dans les faits cette mesure à des chauffeurs qui, par définition, sont itinérants d’un pays à l’autre.

Ce qu’il faut imposer, c’est un salaire minimum à l’échelle européenne, non pas calqué sur les niveaux les plus bas mais sur le plus haut, pas seulement d’ailleurs pour les chauffeurs routiers. Cela doit devenir un objectif commun de tous les travailleurs de l’Union européenne.

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