Industrie agroalimentaire : ils prennent l’oseille et s’en vont18/02/20152015Journal/medias/journalnumero/images/2015/02/2429.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Industrie agroalimentaire : ils prennent l’oseille et s’en vont

Les salariés de l’usine de café Carte noire de Lavérune, près de Montpellier, ont fait deux jours de grève à plus de 90 % le 19 janvier, pour protester contre la délocalisation annoncée d’une partie importante de la production du site.

Cette usine appartient à un grand groupe de l’agroalimentaire, Mondelez international, qui touche des subventions de l’État.

Les travailleurs avaient appris par la presse, fin 2014, qu’une partie importante de la production allait quitter l’usine. Ils y conditionnent du café pour différentes marques du groupe, Grand’mère, Carte noire et Jacques Vabre. Or Mondelez avait annoncé cet été qu’il fusionnait cette activité avec un autre groupe, Demb, et a vendu Grand’mère au groupe Lavazza. Cette partie, soit 38 % de la production, devrait quitter l’usine.

Le sort de l’usine de Lavérune ne concerne pas que les 164 travailleurs de Mondelez : en comptant les sous-traitants, c’est de l’ordre de 500 familles qui sont concernées.

Malgré les protestations des syndicats lors du comité central d’entreprise du 14 janvier, les représentants du groupe n’ont donné aucune précision sur l’avenir du site. Ils essayent même d’endormir les salariés en leur disant qu’il n’y aura aucune conséquence sociale en 2015. Mais ils se gardent bien de s’engager sur la suite.

Pourtant, Mondelez international est un groupe mondial dont les ventes se sont montées à 34,2 milliards de dollars en 2014. L’an dernier, Mondelez a touché 4,2 millions d’euros de crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), dont 1,4 million pour le site de Lavérune. Ces subventions sont donc versées à fonds perdus pour alimenter les profits capitalistes, sans aucun contrôle de l’État, alors que les manœuvres de Mondelez autour du café sont annoncées dans la presse depuis l’été 2014.

Quoi qu’il en soit de ces manœuvres, le groupe a suffisamment d’argent pour maintenir tous les emplois et les salaires. C’est ce que les travailleurs devront imposer.

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