Crous : les conditions d’études ne sont pas près de s’améliorer18/02/20152015Journal/medias/journalnumero/images/2015/02/2429.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Crous : les conditions d’études ne sont pas près de s’améliorer

Dans son rapport annuel, la Cour des comptes s’en prend à la gestion des Crous (Centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires), organismes chargés de l’attribution des bourses, des logements et de la restauration des étudiants. Elle réclame un contrôle plus strict sur les étudiants boursiers, qui perdent leur bourse s’ils manquent des cours ou ne passent pas leurs examens.

Or les boursiers ont souvent besoin de travailler en plus de leurs études, et les sanctionner parce qu’ils n’arrivent pas à tout faire serait le meilleur moyen de les faire échouer. La Cour des comptes voudrait que les bourses soient directement gérées par les universités, pour les « responsabiliser » – en d’autres termes, les pousser à surveiller plus strictement leurs étudiants.

Le rapport pointe aussi la situation dramatique du logement étudiant. Aujourd’hui, seuls 7 % des étudiants vivent dans des résidences des Crous, contre 35 % en 1960. Dans certaines régions, il est quasiment impossible de trouver une chambre : dans l’académie de Créteil, par exemple, il y a 4 478 places pour 130 000 étudiants. Les jeunes qui ne peuvent habiter chez des parents doivent donc se loger dans le secteur privé, souvent très cher.

Quant à la restauration, le rapport recense quelques situations absurdes de restaurants universitaires situés loin des universités et donc peu fréquentés. Mais la Cour des comptes reproche surtout aux Crous de maintenir des restaurants et cafétérias peu rentables sur de petits sites universitaires. Or, même si le prix du ticket repas a augmenté de 14 % en six ans, passant de 2,8 euros en 2008 à 3,2 euros aujourd’hui, le restau U reste souvent le seul repas chaud et équilibré auquel ont accès les étudiants. Pour augmenter la rentabilité des Crous, la Cour des comptes recommande aussi d’« assouplir le cadre de gestion des personnels ouvriers », autrement dit de favoriser les recrutements de travailleurs à temps partiel ou en contrat précaire.

Menaces sur les bourses étudiantes, les restaurants universitaires et les conditions de travail de leurs salariés, logements étudiants insuffisants et souvent vétustes : la situation des Crous reflète le sous-investissement de l’État dans l’enseignement supérieur. Pour les jeunes des classes populaires, faire des études reste un vrai parcours du combattant.

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