Dette grecque : Merkel et Hollande, porte-parole des banquiers07/01/20152015Journal/medias/journalnumero/images/2015/01/2423.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Dette grecque : Merkel et Hollande, porte-parole des banquiers

Les sondages évoquant une victoire de Syriza aux élections législatives grecques du 25 janvier ont visiblement été pris au sérieux par les dirigeants politiques européens et le monde de la finance.

À tout seigneur tout honneur, la chancelière allemande a dégainé la première. Selon le site internet de l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, Angela Merkel « juge quasiment inévitable » une sortie de la Grèce de la zone euro en cas d'accession du dirigeant Alexis Tsipras à la tête du gouvernement. À sa suite, un autre responsable de la CDU a tracé le scénario, avançant que « en cas de sortie de l'euro, les dettes (de la Grèce) ne pourraient pas être remboursées, et l'Allemagne porterait une part significative du fardeau ».

Autre dirigeant, autre image, Hollande déclare avec son hypocrisie habituelle que « les Grecs sont libres de décider souverainement de leur gouvernement. [...] Quant à l'appartenance à la zone euro, c'est à la Grèce seule d'en décider ». Puis il rappelle que « les gouvernants auront à respecter les engagements pris ».

Auparavant, trois semaines plus tôt à Athènes, le socialiste Moscovici, désormais commissaire européen à l'économie, prévenait que « l'idée d'envisager de ne pas rembourser une dette énorme est suicidaire. Ce n'est pas possible, cela signifierait faire défaut et c'est ce que nous avons cherché à éviter pendant des années ».

La première préoccupation des dirigeants européens est comme toujours de rassurer ce qu'ils appellent « les marchés », c'est-à-dire la grande bourgeoisie capitaliste : quoi qu'il arrive, on continuera de pressurer les peuples pour lui payer, rubis sur l'ongle, les intérêts de sa dette. Et si une inquiétude perce, ce n'est pas tant de la possible victoire électorale du parti Syriza : ses dirigeants ont déjà mis les choses au point. Il n'est plus question pour eux de refuser de rembourser la dette, que la population devrait payer pendant trente-deux ans, mais seulement de la renégocier.

En revanche, ce qui motive les coups de menton des uns, les admonestations des autres, et le bref accès de panique des Bourses, c'est l'hypothèse d'une poussée de colère de la population grecque qui se traduirait, sur le plan électoral, par une victoire de Syriza. Et surtout, si cette colère ne s'arrêtait pas là.

Ce serait pourtant tout ce que l'arrogance de ces financiers et de ces politiciens manipulateurs mériterait.

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