Allemagne : Évasion fiscale et sangsues patronales07/01/20152015Journal/medias/journalnumero/images/2015/01/2423.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Allemagne : Évasion fiscale et sangsues patronales

Depuis le début de la crise financière, le fisc allemand a progressivement durci les sanctions qu'encourent les fraudeurs. Il achète maintenant, à des employés « repentis » de banques basées notamment en Suisse, au Liechtenstein et au Luxembourg, des CD contenant les noms de contribuables allemands titulaires de comptes non déclarés.

Il fait ensuite passer les fraudeurs à la caisse, et le jeu en vaut la chandelle : 850 000 euros déboursés en achats de CD ont par exemple déjà permis à la Basse-Saxe de récolter 250 millions d'euros, et le Bade-Wurtemberg a même récupéré 497 millions.

Les paradis fiscaux visés, qui se croyaient protégés par le secret bancaire, crient maintenant à l'illégalité, au motif que les données sur les CD ont été volées. Mais les dirigeants allemands ne semblent pas s'en formaliser : juste avant Noël, les députés du Bundestag ont voté, droite et gauche confondues, un nouveau durcissement des sanctions à l'encontre des fraudeurs, à compter du 1er janvier 2015. À l'approche de cette date, ils ont été de plus en plus nombreux à se mettre en règle avec le fisc ; leur nombre a dépassé 35 000 sur l'année 2014.

Alors, le gouvernement allemand se mettrait-il à s'en prendre aux riches ? Cette chasse aux fraudeurs lui permet de récupérer des sommes non négligeables, en égratignant un peu des petits bourgeois aisés. Schäuble, le ministre des Finances allemand, dénonce même, avec une hypocrisie consommée, les « dégâts moraux » provoqués par l'évasion fiscale.

Mais sa dénonciation « oublie » l'évasion fiscale à bien plus grande échelle pratiquée par les entreprises, et il ne s'émeut pas des dégâts engendrés par les mini-jobs, les très bas salaires et les licenciements, dégâts qui ne sont pas que moraux. Et pour cause : le gouvernement allemand soutient les capitalistes responsables de ces dégâts. Au regard du flux de cadeaux dont ce gouvernement continue d'arroser les banques et les grandes entreprises, les sommes récupérées par le fisc ne pèsent pas bien lourd. Et comme cette politique au service du patronat va se poursuivre, ces sommes serviront aussi à continuer d'alimenter ce vaste gaspillage de fonds publics.

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