Petits patrons : Ils protestent, le gouvernement les écoute03/12/20142014Journal/medias/journalnumero/images/2014/12/2418.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Petits patrons : Ils protestent, le gouvernement les écoute

À l'appel de la CGPME, le syndicat des petites et moyennes entreprises, quelques centaines de patrons ont manifesté le 1er décembre à Paris et à Toulouse, au cri de « Impôts, taxes, charges, trop c'est trop ». Ces patrons, certains petits d'autres moins, se sentent « cadenassés », comme ils l'ont montré, chaînes et cadenas à l'appui. Mais la liberté qu'ils réclament est celle d'exploiter leurs salariés quand ils veulent, comme ils veulent, et que cela leur coûte le moins cher possible.

Une des cibles les plus visées par ces manifestants a été le « compte pénibilité ». C'est pourtant le patronat lui-même qui, en échange de l'allongement de durée de cotisation retraite à 43 ans, avait concédé cette mesure. Celle-ci se résume à un décompte des travaux pénibles, de façon à permettre à un tout petit nombre de travailleurs d'avoir droit à une réduction dérisoire de leur durée de cotisation.

Mais c'est trop, juge le patronat. Et certaines déclarations valent le détour. « Le plus problématique pour nous, c'est vraiment la pénibilité », a dit un petit patron du bâtiment. Parlait-il des travaux pénibles qui abîment et rendent invalides une grande quantité des travailleurs du bâtiment ? Non, bien sûr. Il parlait juste du fait d'avoir à les déclarer. Un PDG d'une entreprise de fabrication d'emballages et de conditionnements de parfums a, lui, déclaré : « La pénibilité, c'est démentiel. (...) Dans les lignes de production de ma société, nous avons à la fois les facteurs bruit, port de charges lourdes et gestes répétitifs. » Mais ce qui l'embête n'est pas les risques de surdité, les tendinites aux bras ou autres TMS qu'il fait peser sur ses salariés, c'est d'avoir à remplir des papiers à ce sujet.

En mettant en place le Crédit impôt compétitivité emploi (CICE) et le Pacte de responsabilité, le gouvernement fait un cadeau de près de 41 milliards d'euros au patronat. Les plus gros en bénéficieront le plus, mais nombre de patrons de PME en profiteront. Ce même patron d'entreprise de conditionnement de parfums a confié que le CICE lui avait permis d'améliorer ses marges, de faire des travaux dans son entreprise et de réparer certaines de ses machines. Rien de moins !

Le patronat proteste même quand il n'a pas mal, et obtient toujours quelque chose. Cela souligne à quel point les organisations syndicales des travailleurs, elles, se taisent, au moment où ceux-ci auraient toutes les raisons de faire entendre leurs revendications et d'imposer leur droit à une vie correcte et digne.

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