Israël : Netanyahou face à la révolte palestinienne26/11/20142014Journal/medias/journalnumero/images/2014/11/2417.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Israël : Netanyahou face à la révolte palestinienne

Le gouvernement israélien a approuvé, dimanche 23 novembre, un projet de loi changeant la définition de l'État d'Israël. Celui-ci ne serait plus un État « juif et démocratique », dénomination inscrite depuis 1948 dans les Lois fondamentales faisant office de Constitution, mais « l'État national du peuple juif ». Cette législation prévoit également que l'arabe perde son statut de seconde langue officielle.

Dans la société israélienne actuelle, même se prétendant démocratique, les Arabes israéliens, qui représentent pourtant 20 % de la population totale, sont déjà traités comme des citoyens de seconde zone. Ce texte témoigne en fait de la volonté du Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, de donner de nouveaux gages aux fractions les plus à droite de son propre parti, le Likoud, et aux partis d'extrême droite qui appartiennent à sa coalition gouvernementale.

C'est d'ailleurs ce qui explique les affrontements et les agressions qui se succèdent depuis des mois à Jérusalem et en Cisjordanie. La responsabilité en incombe au gouvernement israélien qui, plus que jamais, se refuse à la moindre concession, favorise ouvertement la colonisation de la Cisjordanie, y compris Jérusalem, où des centaines de nouvelles constructions destinées aux colons ont récemment été décidées. Cette politique s'est manifestée dans toute son horreur lors des bombardements de Gaza cet été, et ne peut que susciter la haine et une légitime révolte de la part des Palestiniens.

L'actuel regain de tension trouve son origine dans la revendication des groupes religieux juifs ultra-orthodoxes de remettre en cause le statu quo datant de 1967 sur les conditions d'accès à l'Esplanade des mosquées. Le gouvernement israélien de l'époque s'était refusé par prudence à remettre en cause le contrôle jordanien sur ce lieu de culte considéré comme saint par les musulmans. Aujourd'hui, les groupes de l'extrême droite religieuse juive multiplient les provocations en y organisant des manifestations et en appelant, pour certains d'entre eux, à détruire les actuels édifices religieux musulmans pour y reconstruire un temple juif.

Netanyahou, en s'appuyant sur ces courants les plus réactionnaires, les encourage à revendiquer une place toujours plus grande dans la vie politique du pays. Le gouvernement compte d'ailleurs plusieurs membres de formations d'extrême droite, dont son ministre des Affaires étrangères, Avigor Lieberman.

Si aujourd'hui l'extrême droite religieuse dispose d'un poids important dans la société israélienne, il n'en a pas toujours été ainsi. De 1948, année de fondation d'Israël, à 1977, la vie politique a été dominée par une gauche travailliste et par des mouvements se réclamant d'idées progressistes. Mais, parce qu'elle était foncièrement nationaliste et hostile aux Palestiniens, la politique du Parti travailliste au pouvoir durant toutes ces années a abouti à encourager les courants religieux les plus réactionnaires qu'il croyait pouvoir utiliser à son profit. Après la guerre de 1967, le Parti travailliste a encouragé la colonisation des territoires occupés, renforçant les forces ultranationalistes et religieuses.

Cette extrême droite ne manifeste pas sa haine uniquement à l'encontre des Palestiniens, elle la manifeste également à l'encontre de tous ceux qui, en Israël, s'opposent à son obscurantisme moyenâgeux. En opprimant le peuple palestinien, le peuple israélien contribue aussi à sa propre oppression.

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