Ebola : L'hypocrisie des pays riches26/11/20142014Journal/medias/journalnumero/images/2014/11/2417.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Ebola : L'hypocrisie des pays riches

Vendredi 21 novembre, un centre de traitement d'Ebola était inauguré à Macenta, au sud-est de la Guinée, dans une région où sont apparus les premiers cas de cette fièvre hémorragique, il y aura bientôt un an.

Financé par le gouvernement français, construit par Médecins sans frontières (MSF), géré par la Croix-Rouge, il a été inauguré par la secrétaire d'État chargée du Développement et de la Francophonie. Et le 28 novembre François Hollande devrait faire le voyage de Conakry, sans doute pour se féliciter de ce que son service de presse nomme « le plan de lutte de la France contre le virus Ebola en Guinée ». Le « plan de lutte » se résume donc à un centre de traitement d'une cinquantaine de lits !

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), au 21 novembre, l'actuelle épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest avait fait 5 459 morts, pour 15 351 cas. Et encore ne s'agit-il que de chiffres largement sous-estimés puisque, selon les dires de l'OMS elle-même, ce ne sont que les malades et les morts qu'elle a pu recenser.

L'épidémie continue à progresser au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée, les trois pays d'Afrique de l'Ouest les plus touchés. Des cas sont apparus au Mali, et dans les pays voisins la peur est grande, parce que le risque l'est aussi, de voir l'épidémie s'étendre et flamber. Depuis le mois de mars, ou plutôt depuis le développement de l'épidémie au mois d'août, les États les plus riches palabrent et promettent. Mais les moyens financiers, matériels et humains restent insuffisants et insignifiants, ne serait-ce que comparés aux moyens mis en oeuvre pour leurs interventions militaires.

Depuis près de quarante ans qu'on connaît le virus, aucun pays riche n'a jugé utile d'entreprendre des recherches, exception faite des États-Unis quand ils virent dans ce virus un risque de guerre bactériologique. Pour cette raison, il n'y a pour l'instant ni traitement ni vaccin contre Ebola. Les moyens de lutter contre l'extension de la maladie sont cependant bien connus : empêcher tout contact direct avec les malades, enterrer les cadavres en toute sécurité et respecter les règles d'hygiène élémentaires. Mais des mesures évidentes depuis plus d'un siècle dans tous les pays riches restent chimériques et inaccessibles dans bien des pays africains, du fait de l'absence d'infrastructures et de véritable système sanitaire. Ni le colonialisme, ni les États qui lui ont succédé sous l'étroite tutelle de l'impérialisme français n'ont eu pour priorité de le développer.

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