Aulnay-sous-Bois : L'amiante a tué26/11/20142014Journal/medias/journalnumero/images/2014/11/2417.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Aulnay-sous-Bois : L'amiante a tué

L'Agence régionale de santé d'Île-de-France (ARS) vient d'envoyer une lettre à 3 500 personnes, et d'ici la fin de l'année près de 10 000 autres auront été contactées.

Toutes ont été élèves entre 1938 et 1975 dans un des trois groupes scolaires d'Aulnay situés à proximité du Comptoir des minéraux et matières premières (CMMP), une usine qui jusqu'à 1975 broyait des minéraux, notamment de l'amiante, et rejetait des quantités importantes de poussières. Ces enfants ont peut-être été contaminés et la lettre de l'ARS vise à les informer du risque potentiel.

Les risques liés à l'activité de cette usine sont connus de longue date. En 1997, un habitant d'Aulnay décédait d'un cancer de la plèvre et sa famille incriminait les poussières d'amiante libérées par le CMMP, proche de leur domicile. Sa responsabilité a été établie en 2007 par l'Institut de veille sanitaire. Dans un rapport de 2012, le collectif des riverains et victimes du CMMP parlait de 40 000 victimes potentielles, de 130 malades contaminés, dont 80 déjà décédés. Il estime le dispositif de l'ARS insuffisant, notamment du fait de l'absence de suivi, cette lettre étant la seule qui sera envoyée. À ce jour, sur les 3 500 personnes contactées, cinq auraient donné suite à la lettre de l'ARS, qui explique ce courrier unique par une demande de la CNIL refusant l'utilisation d'un fichier des anciens élèves.

C'est une bien piètre explication, pour tenter de justifier un dispositif au rabais. Quant aux responsabilités des patrons du CMMP, elles ont été purement et simplement écartées, un non-lieu ayant été prononcé en juillet 2013 en sa faveur alors qu'il était visé par 25 plaintes. À Aulnay, l'amiante a tué, mais les responsables ont eu droit à la bienveillance des juges.

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