Les « Mille vaches » : Le capitalisme, de mal en pis05/11/20142014Journal/medias/journalnumero/images/2014/11/2414.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Les « Mille vaches » : Le capitalisme, de mal en pis

Les neuf manifestants, accusés d'avoir démonté des installations de la ferme des Mille vaches, dans la Somme, ont fait appel de leur condamnation. Soutenus par la Confédération paysanne et des associations écologistes, ils veulent défendre « leurs emplois, leur environnement, leurs territoires » et protestent contre ce qu'ils appellent « l'agriculture industrielle » symbolisée par ce projet.

Alors que les exploitations laitières françaises comptent en général quelques dizaines de vaches, les techniques actuelles rendent possibles des installations regroupant mille laitières, voire plus. Les animaux sont à cet effet sélectionnés, élevés en batterie et ne sortent évidemment jamais de leur étable. Toutes les opérations, nourriture, lavage, traite, soins, sont contrôlées par ordinateur et mécanisées au maximum. Les déjections sont utilisées pour produire de l'énergie. Le personnel est réduit au minimum. Pour pouvoir vivre dans ces conditions, pour éviter les maladies et leur transmission, pour maximiser leur production laitière en quantité et en composition, les vaches sont forcément traitées chimiquement, comme des cyclistes de compétition.

C'est ce que les opposants au projet appellent l'agriculture industrielle. Mais c'est ce qu'on fait déjà subir aux poissons des fermes marines, aux poulets en batterie, aux porcs, entre autres. Et, à part l'immobilité forcée, c'est déjà le sort des vaches des exploitations existantes.

L'agriculture industrielle n'est pas, celle d'un futur qu'apporteraient des capitalistes sans âme, comme celui qui finance la ferme des Mille vaches. C'est déjà l'agriculture qui existe aujourd'hui.

Celle-ci menace les petits exploitants, qui n'ont aucune raison de se laisser faire. Elle maltraite les animaux et dégrade sols et végétation. Malgré des capacités de production énormes, elle s'avère incapable de nourrir correctement l'humanité. Mais, en revanche, elle produit des profits pour les capitalistes qui y investissent.

C'est d'abord de ce système capitaliste qu'il faut se débarrasser, si on veut ensuite pouvoir faire des choix rationnels pour les hommes, les animaux, la nature et l'environnement.

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