EPR de Flamanville : Bouygues et EDF trafiquants de main-d'oeuvre05/11/20142014Journal/medias/journalnumero/images/2014/11/2414.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

EPR de Flamanville : Bouygues et EDF trafiquants de main-d'oeuvre

Les grandes entreprises des travaux publics sont coutumières de la sous-traitance en cascade et du travail dissimulé. Bouy­gues devait passer mardi 21 octobre devant le tribunal correctionnel de Cherbourg pour ses pratiques frauduleuses sur le chantier de l'EPR, le réacteur nucléaire de Flamanville. Accusé par la CGT. Il a réussi à faire reporter l'affaire.

Sur ce chantier, Bouy­gues a fait travailler 460 travailleurs polonais et roumains par le biais d'une société d'intérim basée à Chypre, Atlanco. Il ne s'est pas contenté des avantages qu'assure la législation sur les travailleurs détachés. Sous l'échafaudage de structures mis en place par Bouygues, ses filiales et des sociétés comme Atlanco, se dissimule un nombre incalculable d'infractions au droit du travail. L'Office central de lutte contre le travail illégal (OCLTI) les a listées : absence de bulletins de paie, non-respect du smic, paiement en espèces, absence de congés payés, obligation aux salariés de fournir eux-mêmes leurs vêtements de travail et leurs outils, non déclaration d'un quart des accidents du travail, non-paiement de la prime de précarité.

Si le procès n'aura sans doute pas lieu avant mars 2015, c'est qu'il n'a pas été possible de faire parvenir la convocation à Atlanco, la société ayant des adresses dans tous les paradis fiscaux.

Le patron qui agit ainsi n'est pas un vulgaire petit margoulin. C'est un des premiers clients de l'État, l'ami des ministres, le propriétaire du premier groupe de télévision privé. Il le fait avec la complicité d'EDF qui, en tant que donneur d'ordres, couvre ces pratiques et en profite. Le gouvernement aussi est complice, qui ne va quand même pas embêter un personnage aussi puissant pour le compte duquel il gouverne.

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