Expulsion des Roms de Bobigny : Une ignominie22/10/20142014Journal/medias/journalnumero/images/2014/10/une2412.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Expulsion des Roms de Bobigny : Une ignominie

Le 21 octobre, après trois ans de présence sur le terrain des Coquetiers à Bobigny, 90 familles roms ont été expulsées par la police. Après s'être regroupées place de la République à Paris, en protestant et en réclamant un hébergement d'urgence, elles se sont rendues à l'hôpital Saint-Louis tout proche, avant d'être à nouveau chassées dans la soirée par les CRS. Elles ont fini par être hébergées pour la nuit dans un gymnase du 10e arrondissement

Les familles roms paient la démagogie électorale du nouveau maire UDI de Bobigny, qui s'était fait élire sur la promesse de les chasser de la ville.

Ces 250 à 300 réfugiés roumains et bulgares vivaient à Bobigny une angoisse quotidienne : vie précaire, manque d'eau, d'électricité et de lieu de vie sécurisé. Pourtant, le simple fait d'être restés au même endroit pendant plusieurs années a permis la scolarisation des enfants au sein de l'école Marie-Curie. Ceux-ci ont ainsi pu aider les parents non francophones dans leurs démarches.

Comme l'a rappelé la directrice de l'école, Ils ont vécu le parcours de nombreuses familles de travailleurs immigrés. Il fut une époque, pas si lointaine, où des travailleurs algériens, marocains ou portugais habitaient des cabanes avant d'avoir accès à un vrai logement. Parmi les Roms de Bobigny, la plupart de ceux qui sont en âge de travailler le font, ou le tentent comme en témoigne cet homme d'une cinquantaine d'années, brandissant ses diplômes et ses certificats de travail dans le bâtiment, en colère d'être traité comme un paria.

Auparavant, la préfecture avait bâclé un pseudo suivi social, recensant en août dernier les habitants du terrain des Coquetiers, sans même les prévenir. Une trentaine de familles avaient reçu des propositions : six d'entre elles iraient pour un an en logement-foyer Adoma, en dehors d'Ile-de-France, loin de l'école des enfants et sans même que les grands-parents aient été pris en compte. Un père qui travaille à Aulnay-sous-Bois en Seine-Saint-Denis et son fils lycéen se retrouvent à Hardricourt, dans les Yvelines, à 70 kilomètres. Les familles disposant d'un « revenu stable » selon les critères du préfet pourraient obtenir un logement social : où et quand ? Les autres iraient dans un hôtel.

L'acharnement des autorités contre les Roms et le manque évident de logements décents pour eux comme pour tant d'autres n'est que le reflet du mépris de cette société envers les pauvres... le racisme en plus.

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