SNCF Paris gare du Nord : La montée des agressions15/10/20142014Journal/medias/journalnumero/images/2014/10/une2411.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

SNCF Paris gare du Nord : La montée des agressions

Mercredi 8 octobre, une cheminote de l'accueil de la gare du Nord a reçu un coup de poing en pleine figure de la part d'un voyageur. Avant de la frapper, son agresseur avait craché sur un autre employé qui lui avait tout simplement demandé d'attendre son tour avant d'être renseigné.

Cette agression a été celle de trop, à cause de sa violence mais aussi parce qu'elle fait suite à bien d'autres, la plupart verbales mais de plus en plus fréquentes.

Le lendemain, les agents de soirée décidaient d'exercer leur droit de retrait jusqu'à la fin du service. La directrice d'établissement est alors arrivée, croyant pouvoir les remettre au travail pour aller renseigner « nos clients qui ont besoin de nous »... Elle y est allée toute seule.

L'atmosphère est parfois si lourde dans la gare que ce sont tous les agents d'accueil, de vente et de l'Agence intégrale qui ont exercé leur droit de retrait et se sont rassemblés pour discuter des problèmes et des mesures à mettre en place, ne serait-ce que pour se protéger. Au cours de cette discussion, chacun a pu s'exprimer, y compris pour pointer du doigt les responsabilités de la direction. Les trains supprimés, les retards, tous les incidents en ligne et la multitude de travaux qui ont lieu en ce moment parce qu'ils n'ont pas été réalisés jusqu'à présent, ne font qu'exaspérer des voyageurs.

Le directeur adjoint a dû cette fois-ci écouter tout ce que les cheminots sédentaires avaient sur le coeur. Il a été demandé et décidé que trois agents de sécurité soient positionnés au niveau de la bulle d'accueil, qui concentre la grande majorité des agressions, et qu'un autre le soit devant le principal guichet de vente, où les agressions verbales ne sont pas rares non plus.

Il a été également demandé et décidé que pendant huit jours la police ferroviaire soit présente près de la bulle d'accueil. Mais, dès que ces moyens de protection font défaut, les agents d'accueil exercent de nouveau leur droit de retrait. Ce fut le cas samedi 11 octobre. Le directeur adjoint, rouge de colère et n'ayant pas l'habitude de travailler un jour de week-end, a dû se déplacer une nouvelle fois.

Les quelques mesures mises en place n'humaniseront évidemment pas les relations parfois dégradées qui existent dans cette gare, où transitent 600 000 travailleurs chaque jour. Cela, les agents le savent très bien mais leur souci immédiat est de se protéger de quelques individus au comportement agressif. La situation ne pourra véritablement s'améliorer que si cheminots et usagers agissent ensemble pour obliger la direction et l'État à mener une politique améliorant réellement les conditions de circulation.

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