Hôpital psychiatrique d'Uzès : Le directeur met le feu aux poudres en s'attaquant aux repos15/10/20142014Journal/medias/journalnumero/images/2014/10/une2411.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Hôpital psychiatrique d'Uzès : Le directeur met le feu aux poudres en s'attaquant aux repos

En septembre, le nouveau directeur de l'hôpital psychiatrique Mas-Careiron d'Uzès a décidé de revenir sur l'accord sur les 35 heures conclu il y a douze ans, en supprimant onze jours de repos par an pour tout le personnel, une prime de 100 euros pour les plus bas salaires, et même les croissants pour les patients le dimanche.

Mercredi 8 octobre, lors de l'inauguration à l'hôpital d'un nouveau service, à laquelle devaient assister des représentants de l'ARS (Agence régionale de santé), de la presse et des notables, 300 grévistes, sur les 700 salariés travaillant à l'hôpital et ses annexes dans le Gard, sont montés dans les bureaux de la direction. Une centaine ont pu entrer dans la salle, où trois directeurs avaient accepté de recevoir les délégués syndicaux.

Ce petit monde, en contact direct avec le personnel durant quelques heures, n'a pas pu se rendre à l'inauguration. Ce fut l'occasion pour la direction d'entendre l'interpellation d'un collègue : « Raffarin nous a retiré un jour de repos, vous voulez nous en retirer onze. Qui êtes-vous pour le faire ? Vous n'êtes pas Premier ministre ! » et d'une autre : « Vous nous demandez des sacrifices, mais quels sacrifices comptez-vous faire, vous ? Vous allez renoncer à votre voiture, à votre maison de fonction ? Nous, on travaille en 3x8, la nuit, le week-end. On déborde régulièrement sur nos horaires, on est toujours en sous-effectifs alors qu'on doit prendre en charge des patients difficiles. »

La colère s'exprimait et ces directeurs, tout sourire dans les visites qu'ils avaient faites auparavant pour annoncer ces mesures, avaient perdu de leur superbe.

Quand, à un moment de la discussion, le directeur général s'est avisé de sous-entendre que tel syndicat ne pensait pas comme tel autre, il a été aussitôt interrompu : « Là, vous parlez à l'Intersyndicale, on dit tous la même chose. On connaît la musique : vous opposez les contractuels aux titulaires, les personnels techniques aux soignants, un syndicat à un autre. Diviser pour régner, ça, vous savez faire. Mais aujourd'hui ça ne marche pas. »

Sous la pression, il a fini par accepter de signer une suspension du plan d'austérité jusqu'aux prochaines négociations. Ce n'est là qu'une suspension, mais le personnel de l'hôpital a quand même gagné une première manche et a fait savoir à cette direction sans vergogne qu'elle rencontrera de la résistance, si elle persiste à vouloir voler onze jours de repos.

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