Décès à la maternité d'Orthez : La chaîne des responsabilités08/10/20142014Journal/medias/journalnumero/images/2014/10/une2410.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Décès à la maternité d'Orthez : La chaîne des responsabilités

À la maternité d'Orthez, dans les Pyrénées-Atlantiques, une jeune femme de 28 ans est morte le 30 septembre pendant une césarienne, à la suite d'une erreur d'intubation du médecin anesthésiste. Ce médecin était une vacataire « prêtée » à la maternité par la clinique privée voisine.

La médecin responsable a été mise en examen. Mais, au-delà de la responsabilité personnelle de l'anesthésiste, suspectée d'avoir été ivre au moment des faits, le maire d'Orthez a pointé du doigt à juste raison « un problème de démographie médicale ». Selon lui, le fait que cette médecin ait pu être amenée à exercer sans être en possession de toutes ses capacités « tient au fait qu'il n'y avait personne d'autre ». Et d'ajouter que le manque de personnel médical à Orthez est « un problème catastrophique ».

L'Agence régionale de santé (ARS) s'est empressée de suspendre toute l'activité de la maternité, qui était déjà menacée, une annonce qui a provoqué la colère de la population, qui a aussitôt manifesté.

Le gouvernement a beau jeu de prétendre que les petites structures ne sont pas fiables, faute de personnel adéquat, mais les difficultés à recruter des équipes stables et expérimentées viennent de sa politique, qui assèche les ressources des hôpitaux en leur retirant des crédits et en exigeant qu'ils soient rentables !

Les gouvernements successifs ont poussé à regrouper les structures hospitalières et à fermer les maternités de proximité, obligeant les femmes à multiplier les kilomètres, les contraignant parfois à accoucher durant le voyage. En 1975, on comptait 1 370 maternités, 814 en 1996, et 535 en 2013 !

C'est d'ailleurs parce que la maternité d'Orthez était menacée de fermeture qu'elle éprouvait des difficultés à recruter des obstétriciens et des anesthésistes permanents. Ces petites structures hospitalières peinent à fidéliser leurs praticiens et à créer des équipes solides et compétentes, parce qu'elles sont dans un statut précaire. Pour Jean Marty, du syndicat des gynécologues et obstétriciens, les difficultés des petites structures « sont créées par l'administration. En discréditant les petites maternités, on supprime leur avenir ».

Partager