Contre le manque de financement et la précarité : Les chercheurs se mobilisent08/10/20142014Journal/medias/journalnumero/images/2014/10/une2410.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Contre le manque de financement et la précarité : Les chercheurs se mobilisent

À l'initiative de scientifiques montpelliérains, une marche sur Paris a commencé « pour la recherche et l'enseignement supérieur ». Sous le nom de « Sciences en marche », elle devrait aboutir à une manifestation dans la capitale le 17 octobre.

À cette occasion, des réunions de plusieurs dizaines de personnes se sont tenues dans de nombreux laboratoires et universités pour dénoncer la diminution des moyens que l'État met à la disposition de la recherche publique. Ce mouvement conteste en particulier la généralisation des CDD comme seul débouché pour un nombre croissant de techniciens, ingénieurs et chercheurs.

Il conteste aussi le choix du gouvernement d'arroser les grandes entreprises avec six milliards d'euros d'argent public provenant du crédit impôt recherche (CIR), pratiquement sans leur demander de comptes.

C'est tout le contraire pour les laboratoires de la recherche publique, qui ont de moins en moins de financements assurés. Depuis des années, les grands organismes de recherche, les universités, le CNRS, l'Inserm... n'assurent pratiquement plus que le salaire d'un nombre limité de personnels statutaires et la mise à disposition de locaux. Il n'y a presque plus d'argent pour le fonctionnement quotidien de nombreux labos. Pour financer leurs projets, les chercheurs passent de plus en plus de temps à monter des dossiers complexes de financement, sans assurance de succès. L'Agence nationale de la recherche, instituée en 2005 pour financer la recherche « sur projets », est venue de plus en plus remplacer la dotation de base des laboratoires. Or son budget d'intervention a diminué de 12 % cette année. Et alors qu'elle était supposée financer au moins 25 % des demandes de projets, elle n'a financé récemment que moins de 9 % de ceux qui lui étaient soumis.

Cette course permanente aux financements, le plus souvent vaine, entraîne la précarisation croissante des emplois dans ce secteur et fait peser sur les personnels précaires la menace constante du non-renouvellement de leur contrat de travail. En 2013, selon les chiffres officiels, 34,5 % des personnels de la recherche publique et de l'enseignement supérieur n'étaient pas des titulaires. Mais ce n'est qu'une moyenne et cela ne tient pas compte des étudiants en thèse. Ainsi, sur la trentaine de chercheurs de l'unité I-Stem (cellules souches) de l'Inserm, seul un tiers a un emploi statutaire, un autre tiers est en CDD et le dernier tiers est composé d'étudiants-chercheurs.

Lors d'une rencontre le 24 septembre avec la secrétaire d'État Geneviève Fioraso, les initiateurs de la marche ont souligné qu'une somme ne représentant que 5 % du CIR permettrait de financer environ 4 000 emplois permanents dans la recherche publique. Ils n'ont pas encore obtenu satisfaction et préparent à présent la manifestation du 17 octobre. Ils l'espèrent suffisamment massive pour faire savoir au gouvernement qu'il faut en finir avec l'appauvrissement de leurs laboratoires.

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