Mort d'un sans-papiers : La barbarie des expulsions27/08/20142014Journal/medias/journalnumero/images/2014/08/une2404.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Mort d'un sans-papiers : La barbarie des expulsions

Le 21 août, Abdelhak Goradia, un sans-papiers âgé de 51 ans, est mort lors de son expulsion, pendant son transfert du centre de rétention de Vincennes à l'aéroport de Roissy. Aussitôt, la police a prétendu que cet homme, pour lequel aucun problème de santé n'avait été signalé, était mort d'une crise cardiaque, de cause tout à fait naturelle.

Mais, comme le 16 août dernier, Abdelhak Goradia avait déjà contraint les policiers à renoncer, parce que le commandant de bord avait refusé d'embarquer cet homme qui se débattait, cette fois-ci les policiers n'y sont pas allés par quatre chemins, ils l'ont menotté, lui ont mis un casque et l'ont empêché de se débattre par tous les moyens.

En fait de mort naturelle, l'autopsie a révélé qu'il était mort asphyxié par une régurgitation gastrique et il semble avoir reçu des coups, puisque sa famille, ayant vu le corps à la morgue, a constaté des hématomes sur son visage. Elle s'est aussitôt portée partie civile. Et la police des polices va enquêter pour savoir ce qui s'est passé.

Cet homme d'origine algérienne refusait son expulsion : il faisait valoir qu'il avait un enfant de 6 ans en France, qu'il voulait élever. Ayant effectué une peine de six ans de prison pour fraude à la carte bancaire, il en était sorti pour être placé immédiatement en centre de rétention. C'est la double peine, que la gauche avait pourtant combattue lorsque le gouvernement de droite l'appliquait ! Mais ce gouvernement n'en est pas à un reniement près.

Dans le centre de rétention de Vincennes, des détenus qui côtoyaient le sans-papiers ont entamé une grève de la faim. Ils protestent contre leurs conditions de détention, les provocations policières, et réclament que les policiers coupables soient punis. Leurs revendications sont légitimes.

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