Hollande à La Réunion : Avec sa hotte sur le dos pour le patronat27/08/20142014Journal/medias/journalnumero/images/2014/08/une2404.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Hollande à La Réunion : Avec sa hotte sur le dos pour le patronat

Avant sa venue à La Réunion le 21 août, Hollande avait fait savoir qu'« il n'était pas nécessaire d'inventer des politiques différentes pour La Réunion, mais qu'il fallait néanmoins faire plus et davantage, compte tenu de la spécificité de l'île ». Ajoutant qu'« il n'est pas question de mendicité ou de distribuer des aides, les Réunionnais sont légitimement en quête de droits ».

Un des droits auxquels les 150 000 chômeurs de La Réunion aimeraient bien enfin accéder est le droit à l'emploi. Alors que les entreprises privées n'embauchent plus, mais au contraire dégraissent leurs effectifs, 5 000 emplois d'avenir ont été mis à la disposition du département voilà un an par l'État, qui les finançait à hauteur de 75 % dans le secteur public et 35 % dans le secteur privé.

À ce jour, seuls 3 000 ont été créés. Hollande a donc décidé de porter la participation de l'État à 90 % pour les collectivités et les associations. Mais aura-t-il plus de succès, sachant que certaines mairies consacrent déjà près des trois quarts de leur budget de fonctionnement à leur masse salariale ? Sachant aussi que le gouvernement continue à ne remplacer qu'un départ à la retraite sur deux des fonctionnaires, limitant ainsi les offres d'embauche dans la fonction publique. Enfin il a décidé l'an passé de réduire de 10 % sa dotation financière aux communes.

Hollande se vante donc de mettre potentiellement sur la table 90 millions d'euros pour répondre aux attentes de 150 000 chômeurs, soit 600 euros par an et par chômeur, pour une période maximum de trois ans !

Pingre avec les chômeurs, Hollande ne l'est pas avec le patronat. Bien que celui-ci bénéficie depuis des décennies des largesses de l'État français, Hollande a réservé une fois encore le meilleur accueil à ses appels à l'aide.

Les patrons de La Réunion sont ainsi assurés de continuer à bénéficier de l'actuel système de défiscalisation pendant encore trois ans.

Autre annonce du chef de l'État : le CICE (crédit d'impôt compétitivité) qui représente 6 % de la masse salariale en dessous de 2,55 smic en métropole, sera encore plus avantageux pour La Réunion, car il passera à 9 %, et même plus pour certains secteurs prioritaires comme le tourisme, l'agro-alimentaire (ce sont les patrons de Royal Bourbon, des abattoirs de volailles ou de la production d'oeufs qui doivent se frotter les mains).

On chiffre cette aide supplémentaire à 160 millions d'euros... pour quelques poignées de patrons.

Le crédit d'impôt recherche est quant à lui porté de 30 à 50 % des dépenses de recherche, et le gouvernement annonce qu'il prendra d'autres mesures pour aider les entreprises redevables vis-à-vis des caisses d'assurance sociale. Des millions d'euros sont en jeu, que les patrons n'ont pas versés depuis des années à la Sécurité sociale et aux caisses de retraite.

Quand le patronat tend la main, ce n'est pas de la mendicité, et Hollande et son gouvernement piochent sans compter dans les fonds publics. Quand il s'agit du sort et de l'avenir des chômeurs et des travailleurs, il lâche à peine quelques sous.

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