Accessibilité pour les handicapés : Le gouvernement recule... encore une fois20/08/20142014Journal/medias/journalnumero/images/2014/08/une2403.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Accessibilité pour les handicapés : Le gouvernement recule... encore une fois

L'Assemblée nationale a autorisé, en juin dernier, le gouvernement à légiférer par ordonnance sur la mise en accessibilité des lieux publics et transports aux handicapés. Non pas pour accéler les choses, mais au contraire pour les ralentir.

Pourtant, la loi sur l'égalité des chances votée en 2005, sur le même sujet, obligeait les transports collectifs et les établissements recevant du public à faire les travaux nécessaires, en fixant l'échéance au 1er janvier 2015. Dix ans de délai, cela avait semblé raisonnable à Chirac, qui en avait fait l'un de ses grands chantiers. En réalité, on ne comptait déjà plus les plans adoptés, les mesures décidées, les amendements ou lois votés, tous non appliqués, depuis au moins 1975.

Et aujourd'hui, à quelques mois de l'échéance, on est loin de ce qui a été prévu en 2005. D'après Ségolène Neuville, secrétaire d'État chargée des Handicapés, « à six mois de l'échéance, environ 330 000 établissements sont aux normes sur plus d'un million ». Et les normes elles-mêmes sont parfois un peu laxistes.

Au lieu de tout faire pour accélérer les mises aux normes, le gouvernement va donc reculer, en particulier pour ce qui le concerne directement : les transports publics, les établissements scolaires, les services publics comme les tribunaux ou les préfectures. Évidemment, Ségolène Neuville prétend que l'ordonnance, prochainement publiée, ne sera pas une renonciation de la loi de 2005, et ne représentera pas « un abandon ou un recul de l'objectif de mise en accessibilité ». C'est un mensonge : le gouvernement, sur son portail Internet a déjà annoncé les grandes lignes de son ordonnance : il donnera un délai supplémentaire de trois à neuf ans à tous, en exigeant simplement en contrepartie « un calendrier ».

Ce n'est pas seulement de l'hypocrisie. Pour les millions de personnes concernées, ce sont des années supplémentaires de galère et de privation de vie comme tout le monde.

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