Catastrophe ferroviaire de Brétigny : La SNCF responsable19/06/20142014Journal/medias/journalnumero/images/2014/06/lo-2394.jpg.445x577_q85_box-0%2C130%2C1712%2C2350_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Catastrophe ferroviaire de Brétigny : La SNCF responsable

Presque un an après le déraillement du train Paris-Limoges qui a fait 7 morts et 61 blessés à Brétigny-sur-Orge, un expert indépendant a rendu son rapport, dont des extraits ont filtré dans la presse et qui incrimine la SNCF et ses défauts de maintenance.

Le 12 juillet 2013, une éclisse, une barre métallique de dix kilos qui relie deux rails dans un aiguillage, avait causé le déraillement, car elle ne tenait plus que par un boulon sur quatre. Cette défaillance avait été détectée après l'accident, et quelques mois plus tard on apprenait que le problème sur ces boulons avait été signalé à trois reprises lors de précédentes inspections, sans résultat.

Mais le dernier rapport ne se contente pas de confirmer le fait. L'expert signale en effet que, dans le secteur, « sur 154 boulons contrôlés, 59, soit plus d'un tiers, étaient desserrés, cassés, ou carrément absents de leur logement ». Quant aux 52 attaches de rail, situées dans la partie métallique centrale du système d'aiguillage, elles comportaient deux boulons cassés avant l'accident. Et l'expert conclut que, « vu l'état des voies, l'accident était inévitable ».

La direction de la SNCF s'est contentée de refuser de « commenter une pièce dont elle n'a pas connaissance », officiellement du moins, puisqu'il s'agit de fuites dans la presse et elle ajoute qu'elle voit dans « cette publication isolée et inopinée (...) un manque de respect regrettable vis-à-vis des victimes et de leurs familles ».

Voilà une façon bien lamentable de botter en touche alors qu'après l'accident Guillaume Pépy, PDG de la SNCF, avait reconnu le manque de maintenance. Il avait même promis d'y remédier, en augmentant d'un millier de travailleurs les effectifs de SNCF Infra, chargée des travaux de maintenance. Mais, de son aveu même, entre 2000 et 2010, 10 000 postes ont disparu dans cette filiale. On voit le résultat.

Partager