Il y a 70 ans, le débarquement allié du 6 juin 1944 : De la victoire de l'impérialisme américain à de nouvelles guerres11/06/20142014Journal/medias/journalnumero/images/2014/06/une2393.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

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Il y a 70 ans, le débarquement allié du 6 juin 1944 : De la victoire de l'impérialisme américain à de nouvelles guerres

La guerre transformée en grand spectacle, telles ont été les cérémonies de commémoration du 70e anniversaire du débarquement allié sur les côtes normandes, le 6 juin 1944. Des chefs d'État avaient été invités, mais aussi les anciens présidents de la République, tels Giscard ou Sarkozy, venus se faire voir, et des centaines de figurants pour faire revivre cet épisode de la Deuxième Guerre mondiale. Des hommages ont été rendus aux soldats et aux civils qui ont payé cette opération militaire de leur vie, et les discours ont évoqué comme il se doit l'amitié entre des peuples autrefois ennemis, la victoire de la démocratie sur la barbarie, et naturellement la paix qui serait devenue l'objectif permanent des grands de ce monde.

Nul ne conteste que le régime de Hitler en Allemagne était une dictature féroce qui écrasait et massacrait les peuples européens, à commencer par son propre peuple. Nul ne met en doute non plus qu'après quatre années d'occupation la majorité de la population française ait vu dans le débarquement l'espoir d'être débarrassée du nazisme et de ses supplétifs français. Mais jamais cette guerre ne fut une lutte entre les forces du Bien et celles du Mal, Alliés d'un côté et nazis de l'autre, comme gouvernants et historiens la présentent depuis soixante-dix ans. Au même titre que la Première Guerre mondiale, la Deuxième fut une guerre entre impérialismes rivaux pour le contrôle de territoires et de marchés indispensables au développement économique de leur propre pays.

Pendant plus de six ans, de l'arrivée de Hitler au pouvoir au déclenchement de la guerre, les puissances occidentales - États-Unis, Grande-Bretagne et France - ainsi que l'Union soviétique stalinienne s'étaient fort bien accommodées de ce régime et de ses crimes, tant que celui-ci s'en prenait à sa propre population et, plus particulièrement, mettait au pas une classe ouvrière combative. Ce n'est que lorsque les visées expansionnistes de Hitler aboutirent à créer une superpuissance au sein de l'Europe que les pays impérialistes se sentirent menacés dans leur domination économique et décidèrent alors de déclarer la guerre à l'Allemagne nazie, les uns après les autres.

Le débarquement du 6 juin 1944 marqua certes une étape vers l'issue de la Deuxième Guerre mondiale, après il est vrai le grand tournant qu'avait été la victoire soviétique de Stalingrad, sur le front de l'est. Mais la victoire de l'impérialisme américain, fort de son potentiel industriel et d'autant plus puissant que son territoire était resté à l'écart des conflits et avait profité de la guerre pour prospérer, n'a nullement été synonyme de paix pour la planète.

Les États-Unis et leurs alliés sont intervenus en Europe en faisant tout pour éviter que les peuples ne tentent de se débarrasser de ce système capitaliste fauteur de guerre. Ils remplacèrent une occupation militaire par une autre, en attendant que se mettent en place, dans une Europe en ruines, des régimes favorables à leur domination et présentant toutes les garanties pour contenir d'éventuels mouvements de révolte.

L'humanité l'a payé par la continuation, pendant soixante-dix ans encore, du système de domination impérialiste qui n'en a pas fini d'ensanglanter la planète, de la Corée au Vietnam et de l'Algérie à l'Irak, à l'Afghanistan et ailleurs.

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