Bouygues Telecom : Près d'un employé sur quatre menacé11/06/20142014Journal/medias/journalnumero/images/2014/06/une2393.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Bouygues Telecom : Près d'un employé sur quatre menacé

En mai, des bruits avaient circulé sur la menace concernant les emplois de 2 000 des 9 000 salariés de Bouygues Telecom. Ce qui était une menace devrait devenir une réalité avec l'annonce attendue le mercredi 11 juin d'un plan de départs concernant 1 500 à 2 000 postes.

Le PDG de Bouygues Telecom, Olivier Roussat, auditionné devant le Sénat le 28 mai, a reconnu que l'entreprise avait décidé « de survivre avec moins de revenus, en diminuant sensiblement sa taille, ce qui aura donc des conséquences sur l'emploi ». Le chiffre exact sera révélé le 11 juin, mais ces milliers d'emplois supprimés s'ajouteront aux 596 salariés partis en 2012, dans le cadre d'un plan dit de « départs volontaires ». Et, pour enfoncer le clou, le PDG annonce une réduction considérable des dépenses, avec un milliard d'économies par an d'ici trois ans, ce qui laisse supposer que d'autres emplois seront sacrifiés.

Quoi qu'en dise le PDG de Bouygues Telecom, et au-dessus de lui Martin Bouygues, le patron de l'empire industriel créé par son père Francis Bouygues, leur groupe, un des plus puissants du pays, n'est pas en difficultés. Même sa branche téléphonie mobile fait des bénéfices, 11 millions en 2013, et c'est sans parler des bénéfices réalisés dans le BTP, l'immobilier ou les médias avec TF1. D'ailleurs Bouygues avait proposé de mettre sur la table près de 13 milliards d'euros pour racheter SFR. Et la trésorerie du groupe sera encore largement renflouée par les milliards qu'elle touchera de la vente de sa participation dans Alstom, que se disputent Siemens et General Electric. Et, qui sait, demain peut-être Bouygues décidera-t-il de revendre sa filiale de téléphonie mobile à son concurrent Free, qui aurait d'ores et déjà déposé une offre de rachat.

D'un côté, les capitalistes, dont Martin Bouygues, font fructifier des milliards acquis au grand jeu des achats et des ventes sur le marché. De l'autre, toutes ces opérations se soldent par des milliers de licenciements supplémentaires, sous prétexte de difficultés des entreprises qui seraient moins compétitives. Mais ces mensonges, répétés sur tous les tons et dans tous les médias, n'en deviennent pas pour autant des vérités et ne cachent pas le fait que les patrons sont les premiers responsables des licenciements dans des entreprises qui font des bénéfices.

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