BNP Paribas : Petits règlements de compte entre concurrents...11/06/20142014Journal/medias/journalnumero/images/2014/06/une2393.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

BNP Paribas : Petits règlements de compte entre concurrents...

La justice américaine menace la banque française BNP Paribas de devoir payer une amende de 10 milliards de dollars pour avoir continué des transactions en dollars avec des pays pour lesquels les dirigeants des États-Unis ont décidé d'un embargo.

Le gouvernement américain voit sans doute dans cette affaire l'opportunité de faire un geste envers l'opinion publique, excédée par l'arrogance et l'irresponsabilité des banques, en particulier depuis l'affaire des subprimes. Mais surtout, l'appareil d'État américain sert les intérêts de ses financiers en mettant ainsi à l'amende des banques étrangères.

Le gouvernement français, de son côté, n'est pas en reste dans la défense de ses propres requins de la finance. Hollande a écrit à Obama et les discussions ont continué lors des cérémonies organisées le 6 juin. Il menace de revoir les négociations sur le traité transatlantique. Quand ce sont les intérêts des financiers qui sont en jeu, les hommes politiques savent se démener.

Cette affaire n'est qu'un épisode dans le monde des financiers, pour lesquels investir, c'est tricher avec les règles, mentir, blanchir de l'argent sale, vendre des emprunts toxiques et étrangler des populations. D'un côté, les États-Unis se servent du poids de leur monnaie pour imposer leurs règles. Du côté de la BNP et des autres banques, les infractions commises à ces règles l'étaient tout à fait consciemment.

La BNP a provisionné 1,1 milliard de dollars, en prévision de l'amende, tout en se préparant à accuser des lampistes : d'après elle, ce serait à l'insu de la direction centrale que des opérations en direction de l'Iran, en particulier, auraient été maquillées. La banque a même, sans aucun scrupule, procédé à des licenciements pour plaider la fraude individuelle, ce qui fait penser à l'affaire Kerviel, à la Société générale.

La BNP essaye de négocier à 6 ou 7 milliards le montant de l'amende qui lui sera imposée. Des sommes qui peuvent apparaître colossales au grand public, mais qui sont monnaie courante pour les milieux financiers. Ils ont les moyens de s'en sortir, en faisant payer d'une façon ou d'une autre leurs salariés et, en dernier ressort, toute la collectivité.

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