TVA : 60 ans de racket des classes populaires09/04/20142014Journal/medias/journalnumero/images/2014/04/une2384.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

TVA : 60 ans de racket des classes populaires

Il y a soixante ans, le 10 avril 1954, l'Assemblée nationale votait l'instauration de la TVA (taxe sur la valeur ajoutée), une façon, nouvelle à l'époque, de pressurer y compris les plus pauvres.

Au printemps 1954, la guerre d'Indochine durait depuis plus de sept ans et le coût de cette guerre était devenu un problème majeur, entraînant un fort endettement de l'État. « Tout problème n'est pas financier mais le devient un jour. L'affaire d'Indochine, mal engagée politiquement, militairement et moralement, tournait plus mal encore sur le plan budgétaire », expliquera plus tard Pierre Mendès-France, qui présidait alors la commission des Finances de l'Assemblée nationale. Il appuya auprès du gouvernement la proposition d'un haut fonctionnaire des impôts qui se vantait d'avoir découvert la poule aux oeufs d'or : la TVA. En passant de la taxe sur la production, qui existait à l'époque, à la taxe sur la valeur ajoutée, les entreprises jouèrent alors le rôle de collecteurs d'un impôt payé intégralement, au bout du compte, non par les patrons, mais par les consommateurs.

La TVA était promise à une longue carrière. La population n'en avait pas fini de payer les guerres coloniales, même si la défaite de l'armée française conduisit Mendès-France, devenu Premier ministre, à négocier la fin de celle d'Indochine. Dès l'automne 1954, Mendès-France s'engageait dans la répression en Algérie, qui n'allait pas tarder à engloutir de nouveaux milliards s'ajoutant aux subventions et aux allègements fiscaux accordés aux capitalistes.

Ces dernières décennies, la gourmandise des capitalistes n'a fait qu'augmenter avec la crise et les guerres pour défendre les positions de l'impérialisme français en Afrique. Il n'est donc pas surprenant que la TVA se soit installée durablement, représentant aujourd'hui plus de la moitié du budget de l'État. Son augmentation, décidée par le gouvernement socialiste d'Ayrault depuis le 1er janvier, doit fournir à l'État au bas mot 5,6 milliards d'euros supplémentaires. C'est tellement pratique d'élargir le canal par lequel la population alimente les profits du patronat !

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