Transports en commun gratuits, c'est possible19/03/20142014Journal/medias/journalnumero/images/2014/03/une2381.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Transports en commun gratuits, c'est possible

Entre le vendredi 14 mars et le lundi 17 mars, les autorités ont décrété la gratuité des transports en commun en région parisienne ainsi qu'à Bordeaux, Grenoble, etc. Le but était qu'un certain nombre de travailleurs, qui assument déjà le coût du véhicule dont ils ont besoin régulièrement pour se rendre à leur travail, choisissent d'emprunter les transports sans payer encore. Cela malgré les inconvénients de réseaux de bus, métro, trams, RER, TER, etc. bien insuffisants. Mais cette mesure de bon sens a pris fin très rapidement, dès que la pollution de l'air est repassée en dessous du niveau d'alerte.

Pourtant, la gratuité des transports en commun serait susceptible de faire baisser réellement la pollution de l'air, et elle a un peu soulagé le réseau routier, habituellement congestionné.

Bien sûr, la gratuité permanente aurait un coût, même si des économies seraient faites sur la billetterie et sur tout l'arsenal de portiques au travers desquels les usagers de la RATP se faufilent chaque jour. Mais ce coût supplémentaire pour les villes et les agglomérations n'est pas gigantesque : les transports sont déjà gratuits en permanence à Compiègne, Châteauroux et Aubagne, sans que ces villes soient en faillite pour autant. Et puis la gratuité ne serait pas forcément synonyme d'augmentation des impôts locaux pour la population, car il serait justifié de faire reposer les frais des réseaux de transport sur les profits des patrons, qui ont bien besoin que les salariés puissent se déplacer chaque jour pour venir leur servir de main-d'œuvre.

Au lieu de cela, le prix de presque tous les billets augmente chaque année, avec l'aval des gouvernements. Pire encore cette année, Hollande a choisi de taxer les usagers des transports en faisant passer la TVA sur les prix des billets de 7 à 10 %. La RATP s'est empressée de reporter cette hausse sur le porte-monnaie des voyageurs. Autant de décisions calamiteuses, qui soulignent l'hypocrisie des autorités lorsqu'elles disent faire tout pour lutter contre la pollution de l'air.

Ce n'est pas seulement exceptionnellement, en cas de pollution catastrophique, que les transports doivent être gratuits, mais toute l'année.

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