La Poste : Un plan contre les postiers et les usagers26/02/20142014Journal/medias/journalnumero/images/2014/02/une2378.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

La Poste : Un plan contre les postiers et les usagers

Le PDG de La Poste, Philippe Wahl, a rendu public fin janvier son plan à l'horizon 2020. L'objectif est d'augmenter encore les bénéfices. Ils devraient passer à un milliard, presque deux fois plus qu'aujourd'hui. Quand on sait comment ont été obtenus jusque-là ces bénéfices, il est aisé de prévoir ce qu'il voudrait imposer aux postiers et aux usagers.

En une dizaine d'années, La Poste a supprimé 80 000 emplois. Les prétextes avancés varient, mais tous les services sont touchés. Pour les facteurs, la baisse du trafic, largement surestimée, est mise en avant. Dans les centres de tri, la fermeture des vieux centres au profit de nouveaux plus mécanisés fournit le prétexte de supprimer massivement des emplois. Aux guichets, c'est à travers la mise en place d'automates qu'on a réduit les effectifs. Quant à La Banque postale, le fait qu'elle réalise aujourd'hui la majeure partie des bénéfices du groupe n'y a pas empêché l'aggravation des conditions de travail.

C'est cette politique que voudrait continuer la direction de La Poste. Alors qu'elle supprime des postes de facteurs, et que dans bien des secteurs ceux-ci n'arrivent pas à terminer leur tournée dans les horaires prévus, la direction cherche fébrilement quel travail elle pourrait leur imposer en plus. Faire des courses pour des personnes âgées, aller leur chercher des médicaments, aider au diagnostic thermique des logements ou prendre des photos de petits sinistres avec le smartphone fourni par La Poste sont autant de nouveaux contrats, payants, que La Poste envisage de développer de plus en plus. Les menus services que le facteur avait autrefois le temps de rendre bénévolement aux usagers de sa tournée doivent désormais être dûment facturés. La direction de La Poste s'est engagée sur cette voie depuis plusieurs années, mais le nouveau plan y voit désormais l'avenir des facteurs. Davantage de travail donc, et avec moins de personnel.

Les usagers ne sont pas oubliés. Ils devront payer plus cher un service postal dégradé. Le plan prévoit une hausse des tarifs supérieure de 1 % à l'inflation pour 2013-2015, et supérieure de 3 % à l'inflation pour 2016-2018.

Il n'y a aucune raison d'accepter les mesures qui vont forcément découler de ce plan. Aucune réduction d'effectif, aucune dégradation des conditions de travail n'est acceptable. Les bénéfices de La Poste doivent servir à garantir l'emploi et à embaucher, plutôt qu'à verser des dividendes en hausse aux actionnaires, l'État et la Caisse des dépots et consignations aujourd'hui, ceux du privé demain, quand le gouvernement jugera que les profits sont suffisants pour les attirer.

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