Salariés des entreprises publiques : Privilégiés ou boucs émissaires ?28/08/20132013Journal/medias/journalnumero/images/2013/08/une2352.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Salariés des entreprises publiques : Privilégiés ou boucs émissaires ?

Pour faire les poches des salariés, le gouvernement a appelé à la rescousse les prétendus experts de la Cour des comptes. Ils ont publié cet été un nouveau rapport concernant plus précisément la SNCF et les avantages, qu'ils considèrent comme inadmissibles, accordés aux cheminots. Du coup, de nouveau, sont pointés comme privilégiés tous les salariés des entreprises liées à l'État, comme la SNCF et la RATP, ou celles qui, il y a peu encore, étaient des entreprises dites publiques : EDF, Air France ou GDF Suez.

Les tarifs préférentiels de l'énergie pour les employés d'EDF ou de GDF Suez, les facilités tarifaires accordées aux salariés et parfois à leurs familles par la SNCF ou Air France constitueraient des avantages qui représenteraient un manque à gagner pour l'Urssaf et contribueraient à creuser le trou de la Sécurité sociale. D'où l'idée de les raboter, avant peut-être de les supprimer.

Car si cette idée n'est pas encore à l'ordre du jour, elle s'inscrit dans une campagne qui se répete. On voudrait que ces entreprises reviennent sur des avantages qui ont été accordés dans le passé pour compenser les bas salaires, puis le blocage des salaires. Car ces tarifs préférentiels représentaient des compléments de salaire et rien de plus. Aujourd'hui d'ailleurs, ces tarifs sont loin d'être accordés à l'ensemble des travailleurs de ces entreprises. Tous ceux qui sont embauchés avec des contrats de droit privé, qui travaillent par exemple à la SNCF sans bénéficier du statut de cheminot, tous ceux qui ont des CDD, des emplois à temps partiel, etc., ne bénéficient pas de ces billets à tarifs réduits. Les employés d'Air France peuvent peut-être voyager à des prix intéressants... à condition qu'il y ait de la place pour eux sur le trajet souhaité. Les tarifs EDF et GDF appliqués aux employés se traduisent, pour le fisc, par des avantages en nature et sont donc imposables. Et tout à l'avenant.

Il faut oser présenter ces salariés comme des privilégiés ! Leurs prétendus avantages sont dérisoires comparés aux fortunes des vrais privilégiés et aux avantages fiscaux qui leur sont accordés et qui se chiffrent par millions, voire par milliards, aux dépens des caisses de l'État. En fait, cette campagne vise à faire diversion et à transformer ces travailleurs en boucs émissaires. Ce gouvernement est décidément prêt à tout contre le monde du travail.

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