Loi de « sécurisation de l'emploi » : Sécurisation des profits24/04/20132013Journal/medias/journalnumero/images/2013/04/une2334.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Loi de « sécurisation de l'emploi » : Sécurisation des profits

Mardi 23 avril, une commission mixte de députés et de sénateurs s'est réunie pour les dernières mises au point de la loi dite de « sécurisation de l'emploi », qui transcrit dans le droit l'accord patronal (ANI) précédemment signé par trois syndicats, et refusé par FO et la CGT.

La loi a été votée à l'Assemblée puis est passée au Sénat, à l'arraché, par la procédure du vote bloqué, dans la nuit du 20 au 21 avril, les sénateurs du PC et Marie-Noëlle Lienemann, qui se positionne à la gauche du PS, ayant seuls voté contre. Ce vote devait être définitivement confirmé le 25 avril et la loi promulguée très rapidement.

Cette loi est une machine de guerre contre les travailleurs. Au nom d'une prétendue défense de l'emploi, elle laisse aux patrons les mains libres pour baisser les salaires, augmenter les horaires, imposer la mobilité ou un licenciement économique à ceux qui refuseront d'être « mobiles », et licencier collectivement. Le patronat se donnera juste la peine de finaliser un accord local ou de branche en réunissant les syndicats, majoritaires ou non, dont certains sont tout prêts à se montrer compréhensifs envers les « difficultés » de leur patron au nom du « sauvetage » de l'entreprise.

C'est un gouvernement de gauche qui met en forme ce projet du Medef, et ministres ou députés socialistes s'appliquent à lui donner une allure « sociale » en mettant en évidence quelques mesures annexes comme la complémentaire santé, qui enrichira surtout les assureurs.

Jean-Marc Germain, député socialiste et rapporteur du texte de loi n'hésite pas à remplacer le terme de flexi-sécurité par celui de sécuri-sécurité. Derrière cette loi, dit-il dans une interview, il y a la volonté de faire céder les grands patrons en renchérissant les licenciements boursiers. Il ajoute, que si des entreprises de la taille de Total, par exemple, s'avisaient de vouloir licencier sans l'aval des syndicats ou de l'administration, la loi leur imposerait de telles amendes qu'elles en reculeraient ! Mais quand on connaît la détermination du gouvernement devant Peugeot ou Mittal, on ne voit pas pourquoi elles devraient avoir peur.

Michel Sapin, le ministre du Travail, se contente de redire que cette loi « aura un effet psychologique pour contrer la peur de l'embauche », comme si c'était la « psychologie » qui empêchait les patrons d'embaucher. Il n'y croit sûrement pas lui-même.

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