Banlieues : Un plan de plus... Pour ne rien changer27/02/20132013Journal/medias/journalnumero/images/2013/03/une2326.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Banlieues : Un plan de plus... Pour ne rien changer

« L'État est de retour dans les quartiers. L'État républicain, celui de l'égalité », a déclaré pompeusement le Premier ministre Jean-Marc Ayrault à l'issue d'un conseil qui, le 22 février, a réuni pas moins de vingt ministres et adopté vingt-sept mesures.

Et tout cela pour quoi ? Pour rien, puisque l'aide aux banlieues en difficulté se fera à budget constant. La principale différence avec les nombreux plans qui se sont succédé sans rien résoudre est que l'aide de 500 millions sera concentrée sur un millier de quartiers dits « prioritaires », au lieu des 2 500 qui étaient concernés jusque-là. Comme si toute la banlieue ouvrière n'était pas prioritaire ! L'emploi y est sinistré, près d'un travailleur sur quatre est au chômage, de plus en plus de familles n'arrivent plus à assumer les dépenses indispensables, les logements se dégradent, les municipalités n'ont plus les moyens d'entretenir l'espace public et d'offrir des services collectifs à leurs habitants, mais le gouvernement réduit le nombre de quartiers ayant droit à une aide, pour « éviter le saupoudrage », se justifie-t-il.

Ayrault promet aussi de créer deux mille « emplois francs » sur dix sites en 2013, en accordant 5 000 euros de subvention, c'est-à-dire d'argent public, à qui embauchera un jeune des quartiers. On va donc une fois de plus aider des patrons, alors que chacun peut constater que de telles aides n'ont aucun impact sur le chômage. Et dans le même temps, l'État laisse des entreprises comme PSA fermer une usine à Aulnay-sous-Bois, privant 3 000 ouvriers de leur emploi et la ville de ressources.

Pour aider les banlieues en difficulté, il faudrait commencer par stopper la progression du chômage et pour cela interdire tout licenciement, afin que chacun puisse vivre de son travail et que les jeunes aient un avenir autre que celui de tenir les murs de leur cité.

Partager