Groupe Bosch : Exploitation sans frontières14/02/20132013Journal/medias/journalnumero/images/2013/02/une2324.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Groupe Bosch : Exploitation sans frontières

Le groupe Bosch, équipementier automobile et plus largement fournisseur de services et de technologies au secteur industriel, exploite plus de 300 000 travailleurs dans le monde et réalise un chiffre d'affaires de plus de 50 milliards d'euros. Une de ses particularités est de ne pas être coté en Bourse. Le groupe édite pour ses salariés un journal, BoschZünder (traduire : « Le détonateur Bosch »), diffusé cinq fois par an et reflétant ses activités dans le monde entier, dont le dernier numéro évoque ses deux usines du Mexique, à Juarez, non loin des États-Unis.

Cette implantation n'est pas sans danger, car les trafiquants de drogue y sont très actifs, mais on apprend que « l'emplacement est intéressant pour les entreprises. Des coûts et des conditions douanières et fiscales intéressantes, de bonnes universités et la proximité des États-Unis, ont incité les entreprises internationales à y installer plus de 330 usines ». Et de décrire à la fois les quartiers fermés et sécurisés pour protéger les cadres et aussi les conditions de sécurité mises en place pour que Bosch ne soit pas soupçonné de fournir aux trafiquants des moyens d'acheminer la drogue. L'article est titré : « On ne peut pas vivre avec la peur », mais visiblement on peut faire de gros profits et c'est cela qui compte...

Plus loin, il est question d'une implantation balbutiante, mais prometteuse, au Ghana, un pays dont le PIB de 28 milliards d'euros équivaut à « un peu plus de la moitié du chiffre d'affaires de Bosch ». Eh bien, même dans un pays aussi pauvre et dépourvu de tout, Bosch attend une « croissance annuelle de son chiffre d'affaires de 25 % (...). Le pays croît rapidement, le PNB a progressé de 14 % en 2011, grâce aux gisements de pétrole découverts il y a quelques années ».

Qu'on se rassure, la présence de groupes capitalistes qui pillent l'Afrique apporte tout de même quelque progrès puisque le magazine explique qu'au Ghana, les taxis ont désormais un plancher, ce qui n'était pas toujours le cas auparavant !

Bosch n'oublie pas l'Europe. Un haut cadre allemand, d'ascendance grecque, justifie son action dans une Grèce rendue exsangue par les plans d'austérité successifs. Pour lui, il faut continuer d'appliquer des recettes qui étaient pourtant à l'origine de la crise. « L'État doit moins s'immiscer dans l'économie, avec une plus grande libéralisation des marchés », explique-t-il. « La Grèce a besoin d'un changement de mentalité », c'est-à-dire « apprendre à faire des économies, planifier à plus long terme, travailler de manière plus productive et miser sur la qualité », à la sauce Bosch bien sûr. Le cadre reconnaît lui-même que « ce sont des vérités désagréables à entendre », mais il n'a aucun doute : « Un jour viendra où, à nouveau, le soleil brillera à la fois dans le ciel bleu de notre pays et au-dessus de notre économie. »

Bosch s'affiche donc « à l'aise dans deux mondes ». Au Nord comme au Sud, il impose son modèle : conquête de nouveaux marchés et exploitation accrue, le tout mis en scène ici sur le mode « la vie en rose ». Mais tous les travailleurs du groupe savent comment ses dirigeants font marcher leurs affaires, imposant à tous toujours plus de travail, mais pour une paye qui est bien loin de faire le compte.

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