CHU – Rennes : L'hôpital malade des restrictions budgétaires14/02/20132013Journal/medias/journalnumero/images/2013/02/une2324.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

CHU – Rennes : L'hôpital malade des restrictions budgétaires

En novembre dernier, les services d'urgences et de réanimation du CHU de Rennes ont été transférés dans un bâtiment neuf. La direction a saisi l'occasion de ce déménagement pour revoir toutes les organisations en tirant au maximum sur les effectifs.

Des horaires de dix heures de travail par jour ont été instaurés dans les blocs opératoires. Partout, elle a sous-estimé les besoins en personnel. Alors, le personnel, débordé, ne sait plus où donner de la tête.

La situation est particulièrement difficile dans les secteurs directement liés à l'accueil. Faute de places dans les box, les malades attendent dans les couloirs, encombrés de brancards. Pour désengorger les urgences, des lits supplémentaires sont mis dans les autres services et des lits réservés pour les entrées programmées sont occupés d'office. Ensuite il faut se débrouiller avec l'entrant, qui se retrouve sans lit !

À force de fermer des lits et de réduire les effectifs, la situation devient intenable dans tout l'hôpital, pour les malades et pour le personnel. Le manque de brancardiers et d'ambulanciers est tel que les retards s'accumulent pour le transport des patients. On a même vu deux malades, lassés d'attendre après leurs examens, revenir dans leur chambre clopin-clopant et bras dessus, bras dessous, s'entraidant comme ils pouvaient !

Dans les services d'hospitalisation, dans les secteurs administratifs et ouvriers, les réorganisations se multiplient pour économiser des postes. La mode est au développement de l'ambulatoire. Officiellement, il s'agit de répondre à la demande des patients, mais c'est surtout pour diminuer les frais de personnel en laissant aux familles la surveillance de l'opéré du jour dont l'hospitalisation n'est pas absolument indispensable.

Cette évolution vers la réduction des coûts et la préférence aux activités rentables ne peut se faire qu'au détriment du personnel et du service à la population.

On en voit partout les résultats néfastes. Les orientations budgétaires actuelles, dans la lignée des gouvernements précédents, aggraveront encore la situation si l'on n'y met pas un coup d'arrêt.

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